25.01.2010
La poste doit rester un service public.
Par Damien Pernet :
Le gouvernement prépare la privatisation de la poste, alors que sont organisés partout des référendums citoyens sur l'avenir de ce service public cher au coeur des Français.
Privatiser les bénéfices, nationaliser les pertes, voilà la logique perverse de la politique actuelle et sur laquelle se fonde la thèse du bien - fondé de la privatisation.
L'argument majeur du gouvernement repose sur le question de la rentabilité de l'entreprise. La direction évoque la charge de la dette qui limiterait la croissance externe. Mais qu'en est - il réellement ?
- La charge de la dette n'est pas aussi lourde que certains veulent le laisser croire. Elle se monte certes à plus de 5 milliards d'euros, mais, au regard de l'importance de cette entreprise, elle reste limitée.
La Poste produit tout de même un chiffre d'affaires de 20 milliards d'euros et réalise un résultat net de 1 milliard d'euros. D'ailleurs, le ratio dette nette / excédent brut d'exploitation s'élevait à 2,90 au 31 décembre 2007 contre 3,57 au 31 décembre 2006.
A titre de comparaison, ce ratio est de 7 pour TNT, l'opérateur néerlandais, pourtant très souvent pris en exemple. Il est, de plus, important de souligner que plus du tiers de la dette de La Poste française est la conséquence d'une contribution de 2 milliards d'euros au budget de l'Etat en 2006 dans le cadre du dossier retraite :
un redéploiement budgétaire semble donc une meilleure solution pour re - capitaliser la poste.
- Ouvrir le capital pour financer des achats à l'étranger notamment n'est pas une idée nouvelle. C'était déjà l'argument avancé pour justifier le changement de statut de France Télécom en 1996.
Le résultat en a été brillant avec 70 Milliards d'euros de dettes en 2001. Depuis pour revenir à une situation plus saine économi-quement, le personnel de cette entreprise paye un lourd tribu en matière d'emplois, de conditions de travail, de stress, de suicides au travail.
-Par ailleurs, la privatisation de GDF s'est soldée par une augmentation vertigineuse de nos factures, et EDF n'a pas hésité à demander un hausse de 20 % de ses tarifs! En Finlande, la privatisation de la poste s'est soldée par une hausse de 60% des tarifs, sans amélioration des services.
- Enfin, on sait bien que la privatisation de la poste se ferait au détriment des usagers : plus de 6000 postes n'ont elles pas déjà été fermées en 6 mois? Les zones rurales sont les premières touchées,mais aussi les quartiers urbains populaires. Il est ainsi à craindre que les missions de service public soient assurées à minima par le service public dans les zones non - rentables alors que les entreprises privées s'implanteraient dans les zones les plus rentables :
cette logique mènerait à la gabegie économique de la Poste, creuserait son déficit, et obligerait les citoyens à rembourser la dette avec leurs impôts.
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