15.02.2010

Géopolitique des poubelles en Ile-de-france

Décharges en nord seine-et-Marne : La répartition des sites d’enfouissement des déchets en Ile de France reflète et renforce l’inéquité territoriale entre l’Est et l’Ouest de la capitale


Le Nord-Est : un endroit oû il fait bon vivre...


Historiquement, l'Est a toujours été une terre d'accueil pour les industries, en particulier celles qui engendrent une forte nuisance environnementale : industries pétro-chimiques (par exemple les sites classés SEVESO, ZA Mitry-Compans), production industrielle lourde (par exemple Aéroport de Paris ou les plâtreries de Villeparisis), incinération de déchets dangereux (Gerep, Mitry-Mory) ou encore décharge de déchets dangereux (SITA FD, Villeparisis, la plus importante de France ; à l'heure ou j'écris ces lignes, j'apprends que Sita-FD Villeparisis dépose "une demande d'autorisation relative à l'acceptation de déchets à radioactivité naturelle renforcée").


Ce privilège est en partie dû à la logique des vents d'Ouest dominants qui éloignent ainsi les pollutions produites à l'Est de la capitale... vers nous...


Cette logique a été suivie lorqu'il s'est agit de localiser l'aéroport Charles de Gaulle dans la région et c'est elle encore qui est à l'oeuvre lorsqu'il s'agit de déterminer le lieux de l'enfouissement de déchêes produits en Ile-de-France.


En 2009 : Aucun site d'enfouissement dans les Yvelines, un site dans l'Essonne d'une capacité annuelle de 240 000 tonnes.
La Seine-et-Marne à elle seule en accueille 10 fois plus avec 2 500 000 tonnes par an. Si l'on ajoute le Val d'Oise et ses 2 200 000 tonnes annuelles, on arrive à 80% des déchets enfouis en Ile-de-France.
Cette intolérable inégalité dans le partage des nuisances dans la région a été au coeur du vote du PREDMA (Plan Régional d'Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés) le 3 décembre. au Conseil Régional.


Même si la nécessité d'un réequilibrage entre Est et Ouest a été validé, les trois sites d'enfouissement à l'étude dans le 78, le 91 et le 95 ont été refusés, l'objectif prioritaire étant la réduction des déchets à la source et un meilleur tri/recyclage des déchets issus d'activités.
(qui représentent près de 80% de l'enfouissement !).


Même si cette logique semble idéale dans l'absolu, non seulement elle occulte complètement la disparité territoriale au sein de la région mais en plus elle condamne ceux qui sont victimes de nuisance à le rester !

Ainsi, et pour conclure, il est indispensable de parvenir à un rééquilibrage territorial en Ile-de-France. Il est équitable et écologiquement intelligent de disposer de capacités d'enfouissement dans les Yvelines et dans l'Essonne, ne serait-ce que pour réduire les pollutions engendrées par le transports incessant des déchets à travers toute la région...


Agir


La solution réside dans notre capacité à obtenir que l'Etat revoit à la baisse les autorisations d'exploitation accordées aux exploitants, notamment l'autorisation récente accordée à REP-Véolia à doubler sa surface d'exploitation. Notre mobilisation sera non seulement déterminante mais également symbolique d'un changement dans l'attitude des citoyens-riverains de ces sites : nous sommes déterminés à reprendre en main la protection de notre environnement, abandonné par nos élus (voir encadré).
L'an passé, la mobilisation des riverains et des associations environnementales a permis que soit enfin mise en place sur le site de la REP-Véolia de Claye une CLIS (Commission Locale d'Information et de Surveillance) composé d'élus mais aussi de représentants d'associations locales.


Cette commission, mise en place avec plusieurs années de retard, aurait dû être légalement créée par l'exploitant et les pouvoirs publics... il a fallu plusieurs années de mobilisation des citoyens et des associations environnementales pour faire simplement respecter la loi...

Source Tapage n°5 page 8.

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