29.04.2010
Environ 400 foyers ne sont pas les bienvenus à Esbly.
Trois pour cents de l'ensemble des zones urbaines d'Ile-de-France restent submersibles; plus d'un million de personnes y résident au bas mot (plusieurs millions selon d'autres estimations). A titre d'exemple, la quasi-totalité du 1er et du 4ème arrondissements et la moitié des 7, 8, 12, 15èmes à Paris, une grande partie de Meaux et de nombreuses communes en aval, etc.
A Esbly, environ 400 foyers sont installés en zone inondable, soit plus de 5% de la population. Ces zones sont habitées depuis longtemps, souvent comme résidences secondaires à l'origine. Depuis quelques décennies, des Esblygeois occupent ces mêmes habitations comme résidences principales.
Comme partout en Ile-de-France, la population en expansion a cherché à s'installer. Aujourd'hui la réglementation d'urbanisme fait en sorte que ces zones ne connaissent plus d'accroissement de leur population.
Esbly n'a pas été inondée depuis 1998.
ERRATUM: grosse inondation à partir du 26/12/1999 suite à la tempête, ensuite grosse inondation en janvier 2001
Mais elle le sera encore, au coup sûr. Et dans des condition bien plus dramatiques que celles que les anciens ont connues. Parce qu'aujourd'hui, une inondation n'a plus rien d'un phénomène naturel. C'est un aléa que la société humaine tente de maîtriser par des moyens plus ou moins bien pensés. Et surtout, des moyens sur lesquels viennent des greffer des intérêts économiques : les zones marécageuses et d'expansion des crues, qui permettaient une résorption rapide, sont remblayées, par exemple pour faire des zones industrielles ou d'activités. Les bassins de rétention, en amont des zones inondables, sont maintenus remplis très tard dans la saison, car ils comportent des bases de loisirs.
Le risque ne se fabrique donc pas tant en zone inondable qu'en amont et en pourtour de celle-ci.
En attendant les riverains des zones inondables sont là, et légalement installés, contribuables et administrés à part entière.
Pour autant, ils ne se multiplieront pas : depuis longtemps le Plan communal d'Occupation des Sols (POS) prévoyait que l'emprise au sol des bâtiments ne pouvait être augmentée. Les bâtiments les plus vétustes sont régulièrement préemptés par la commune, pour éviter que des personnes ne s'installent dans des conditions précaires. Plus récemment, le Plan départemental de Prévention des Risques d'Inondations prévoit que les bâtiments ne peuvent être rehaussés, ni reconstruits en cas de sinistre.
Pas de densification possible donc, en zone inondables à Esbly.
Mais quel combat pour ceux qui s'y sont installé ! Ils ont choisi de vivre avec le risque de voir leur vie changer du tout au tout pendant plusieurs semaines, et de perdre une partie de leurs biens, leur assureur ayant d'ailleurs accepté de courir ce risque.
Ce qu'ils n'avaient pas choisi par contre, c'est d'être en difficulté pour recevoir du courrier, la numérotation des voies n'étant pas officiellement entérinée. C'est d'être en difficulté pour faire accéder les services d'urgence et les véhicules de livraison pour leur source de chauffage, car les chemins ne restent carrossables que quelques semaines dans l'année. C'est de ne pouvoir bénéficier du tri sélectif de leurs déchets, d'être en difficulté pour faire enlever leurs encombrants. C'est de rester sans soutien pour mettre aux normes leur système d'assainissement individuel, car il n'y a pas encore de SPANC à Esbly. Entre autres choses.
Pourtant, comme tout Esblygeois, ils payent leurs impôts, et la plupart vont faire leurs courses au Casino...
Heureusement les zones inondables d'Esbly, c'est aussi un patrimoine local. Un pont de bois construit en 1850, suspendu au dessus du canal de Meaux à Chalifert ; un moulin à eau du XVIème siècle, l'ancienne piscine... C'est encore des Espaces Naturels Sensibles, avec de nombreuses espèces protégées. C'était aussi un parcours de santé. Un riche patrimoine culturel et naturel.
A l'abandon ou peu s'en faut.
Sans doute ce qui a incité ces 400 franciliens à s'installer, ou à ne pas quitter une zone à risque (tandis que vous-même avez peut-être préféré vivre à proximité d'une antenne de téléphonie mobile, ou sur un coteau instable ?). Un patrimoine précieux pour les Esblygeois et pour les habitants des communes limitrophes, qui viennent s'y promener, faire du sport, jardiner... Un patrimoine précieux, dont les Esblygeois aimeraient qu'il soit mis en valeur. Par exemple en y créant des lieux de culture et de loisirs, qui ouvriraient Esbly sur l'extérieur et permettrait un rayonnement un peu plus valorisant qu'une banale zone commerciale.
GUERIN-CLAUDE Clotilde
* le POS, bientôt Plan Local d'Urbanisme (PLU), est librement consultable en Mairie.
* le PPRI est consultable en Mairie, en sous-préfecture, en préfecture ou en ligne sur http://cartorisque.prim.net/dpt/77/77_ip.html
* les Services Publics d'Assainissement Non Collectif (SPANC), communaux ou en communauté de communes, accompagnent les habitants des zones non desservies par le tout-à-l'égout dans la mise en conformité avec la loi sur l'eau de 1992.
* le moulin d'Esbly est un des 92 moulins encore existants (sur 135) issu du patrimoine rural et agricole du bassin du Grand Morin
18:56 Publié dans Esbly, Vie municipale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : esbly, zone urbaine submersible, inondation, contribuable, administré, pos
























Commentaires
Bonjour,
Ci-dessous quelques corrections, ayant vécu sur l’Ile Fleurie pendant 13 ans.
C’était plutôt charmant et j’en garde de bons souvenirs. Mais il est vrai que même si le syndicat intercommunal fait ce qu’il faut pour éviter les crues, on est jamais à l’abri et cela peut être dur.
Bien cordialement
Esbly n'a pas été inondée depuis 1998. Faux : grosse inondation à partir du 26/12/1999 suite à la tempête, ensuite grosse inondation en janvier 2001.
Mais quel combat pour ceux qui s'y sont installé ! Ils ont choisi de vivre avec le risque de voir leur vie changer du tout au tout pendant plusieurs semaines, et de perdre une partie de leurs biens, leur assureur ayant d'ailleurs accepté de courir ce risque. La plupart de ceux qui vivent ont fait en sorte que leurs biens soient protégés pendant les crues.
Ce qu'ils n'avaient pas choisi par contre, c'est d'être en difficulté pour recevoir du courrier, la numérotation des voies n'étant pas officiellement entérinée. C'est d'être en difficulté pour faire accéder les services d'urgence et les véhicules de livraison pour leur source de chauffage, car les chemins ne restent carrossables que quelques semaines dans l'année. C'est de ne pouvoir bénéficier du tri sélectif de leurs déchets, d'être en difficulté pour faire enlever leurs encombrants. C'est de rester sans soutien pour mettre aux normes leur système d'assainissement individuel, car il n'y a pas encore de SPANC à Esbly. Entre autres choses. Nous n’avons jamais eu de problèmes pour recevoir le courrier, ni même faire enlever nos encombrants.
Écrit par : Picchio | 11.05.2010
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