03.04.2011
La laïcité pour les Nuls, à l’usage de Claude Guéant
Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant s’est laissé aller, jeudi 24 mars, à une ahurissante déclaration : « Les agents des services publics évidemment ne doivent pas porter de signes religieux, manifester une quelconque préférence religieuse, mais les usagers du service public ne [le] doivent pas non plus ».
La proximité du second tour des élections cantonales et la course aux voix du Front National ne sauraient justifier un tel dérapage, de la part d’un ministre de la République. Pour sa gouverne, l’UFAL lui rappelle ici les règles de la laïcité dans notre société démocratique.
Le principe de laïcité interdit effectivement aux agents publics, même s’ils ne sont pas en contact avec le public, toute manifestation religieuse : ils doivent assurer à chaque usager du service public une égalité absolue de traitement, quelles que soient ses convictions ou ses origines (réelles ou supposées).
Mais en aucun cas une telle interdiction ne s’applique aux usagers eux-mêmes. La liberté de religion, garantie par l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, s’exerce « en privé ou en public » selon l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme. Les seules restrictions qui peuvent lui être apportées relèvent du respect des libertés d’autrui, et de « l’ordre public déterminé par la loi » (et pas par le ministre de l’Intérieur !).
Ces restrictions concernant les usagers varient selon les lieux. Ainsi, à l’école publique, seul le port de signes religieux ostensibles est interdit aux élèves – alors que tout signe religieux est interdit aux personnels, agents publics. Dans les services publics, rien n’interdit aux usagers une tenue religieuse, mais aucun motif religieux ne permet de dérober son visage lorsqu’on doit justifier de son identité, ou de récuser un médecin hospitalier à cause de son sexe. L’UFAL rappelle à ce sujet que la commission Stasi avait, en 2003, souhaité une mesure législative encadrant la liberté religieuse à l’hôpital public : il serait bon de mettre en application cette proposition, que le respect des libertés d’autrui et la continuité du service rendent toujours nécessaire.
Dans une République laïque, la liberté est la règle, l’interdiction l’exception, obligatoirement justifiée par la loi. M. Guéant, la laïcité, c’est la liberté !
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31.03.2011
Luc Chatel, le fossoyeur de l’éducation nationale
Après l’IGAERN, c’est au tour du corps d’inspection de monter au créneau pour dénoncer la « paupérisation de l’école » publique. Dans une lettre écrite le 7 mars dernier, le SNPI-FSU (Syndicat national des personnels de l’inspection de la FSU) se fait l’écho du malaise qu’éprouvent un certain nombre d’inspecteurs.
Témoins privilégiés du travail des professeurs, les inspecteurs s’inquiètent des difficultés croissantes que rencontrent ces derniers dans l’exercice de leur métier. La situation des professeurs stagiaires est particulièrement alarmante : la formation initiale est « bien insuffisante pour ne pas dire inexistante au regard des besoins des élèves ». Une fois encore, les inspecteurs qui avaient pourtant mis en garde le ministère contre « l’arrivée massive de jeunes enseignants stagiaires sans aucune formation pratique » n’ont pas été écoutés
Roland Damis, l’auteur de cette lettre, rend compte du sentiment d’impuissance et de malaise qu’éprouvent les inspecteurs face aux « suppressions massives de postes qui fragilisent les enseignements ».
Autre sujet d’inquiétude : la marginalisation croissante des inspecteurs. La mise en place du « pacte de carrière » est un moyen, pour le ministère, de transférer en douce aux chefs d’établissement une mission qui était, jusqu’à maintenant, confiée aux inspecteurs : procéder à l’évaluation pédagogique des professeurs. La répartition des prérogatives entre autorité pédagogique (corps d’inspection) et autorité administrative (chef d’établissement) est remise en question au profit des chefs d’établissement qui sont désormais promus directeurs des ressources humaines.
L’auteur de la lettre craint que cette marginalisation ne soit le prélude à la disparition pure et simple de l’inspection, à tout le moins dans ses missions de conseil, d’assistance et d’évaluation des professeurs. Après la réforme de la formation de l’année de stage qui les prive de toute formation initiale, la seule aide qui existait en aval, les inspecteurs, risque bien de disparaître elle aussi. La disparition de l’inspection n’est donc pas seulement préjudiciable aux inspecteurs eux-mêmes : elle l’est également aux professeurs dont les qualités pédagogiques ne peuvent être évaluées que par un corps indépendant de spécialistes disciplinaires. Elle est préjudiciable, enfin, aux élèves qui doivent être instruits par des professeurs formés et jugés en fonction de la maîtrise de leur discipline et de leurs qualités pédagogiques. Or, les chefs d’établissement n’ont aucune compétence en la matière. C’est la raison pour laquelle l’UFAL a toujours défendu le principe de la double évaluation, gage de l’indépendance et de la qualité des professeurs.
Au final, Roland Damis déplore « une sorte de coupure de la chaîne pédagogique ». Les inspecteurs qui « devaient être des relais de terrain » ne sont plus que des « VRP de choix politiques qui ne sont pas discutés et, pour la plupart, désapprouvés par une majorité de Français ». Quant aux professeurs, ils sont abandonnés à leur sort, dans une période où « le constat est fait d’une forme de souffrance au travail ».
« Ce qui compte aujourd’hui, c’est que les chiffres soient bons… c’est important pour la carrière et la prime d’un recteur ! ». Certains chiffres parlent, hélas, d’eux-mêmes : 47 inspecteurs et proviseurs ont déjà rendu récemment à Chatel leurs palmes académiques. 22 % des néo titulaires de l’académie de Créteil, selon l’inspection, ont démissionné cette année de l’Éducation nationale.
L’UFAL :
- Se joint à la protestation du syndicat des inspecteurs : trop, c’est trop !
- Exige un moratoire sur la réforme des rôles et missions de l’inspection.
- Exige un audit immédiat sur la situation actuelle dans l’enseignement après la cohorte des contre-réformes mises en œuvre par le ministère : suppression des postes, destruction de la formation initiale des professeurs et, désormais, disparition programmée de l’inspection.
- Exige la démission de Luc Chatel dans l’intérêt de l’École de la République.
Damien Pernet le 29/03/2011 - Cet article est paru aussi dans le journal l'humanité.
10:02 Publié dans Laicite, Scolaire, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ufal, pernet, chatel, inspecteurs, professeurs, évaluation
28.03.2011
Sursoir la convention cédant le service de radiothérapie de l'hôpital de Lagny-jossigny au groupe privé saint-Faron.
Union des familles laïques de Seine-et-Marne.
Damien Pernet,
77450 Esbly
à M. Claude Evin,
Président de l'ARS Ile-de-France.
Le 5 mars 2011
Monsieur,
Je viens d'apprendre que l'ARS, dans le cadre de la loi Bachelot,envisage de transférer le service de radiothérapie de l'hôpital public de Lagny/Marne vers la clinique privée Saint-Faron à Nanteuil-les-Meaux.
Outre le fait que la radiothérapie de Lagny est dirigée par une sommité de ce domaine, je vous rappelle que la clinique Saint-Faron :
-
n'est pas tenue d'appliquer des tarifs de secteur 1.
-
n'a pas les mêmes compétences médicales.
Nous vous demandons donc :
- De surseoir à la signature de toute convention cédant le service de radiothérapie de l'hôpital de Lagny-jossigny au groupe privé saint-Faron.
- un moratoire sur toutes les restructurations.
- la mise en place d'une véritable concertation avec les élus, les associations de défense des hôpitaux publics, les syndicats et les professionnels.
Mes respects Républicains.
Damien Pernet,
Conseiller municipal d'Esbly,
Président de l'Union des Familles Laïques de Seine-et-Marne.
18:27 Publié dans Santé, Services publics, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : evin, ufal, pernet, sursoir, convention, radiothérapie
16.03.2011
Georges Tron ou la précarité à durée indéterminée dans la fonction publique
Contact presse : Damien Pernet - 06 86 35 34 62 - 16/03/2011
Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, la précarité dans les trois fonctions publiques s’est accrue de façon alarmante. Des négociations paritaires se déroulent en ce moment pour la résorber. L’UFAL, qui milite depuis longtemps pour un enseignement de qualité, a dénoncé dès 2008 la politique consistant à supprimer drastiquement des postes à l’Education nationale (voir la pétition). C’est pourquoi elle n’est pas dupe des intentions réelles de Georges Tron et Luc Chatel.
L’actuel budget triennal reconduit la suppression de 16 000 postes d’enseignants par an, dans la logique de non – remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Cela se traduit par l’augmentation de personnels contractuels dans l’éducation nationale. Ainsi dans son rapport du 10 juillet 2010 l’IGAENR (corps de hauts fonctionnaires chargés de l’évaluation des politiques publiques) note qu’il manque 1 300 postes de titulaires dans le primaire et 2700 dans le secondaire à la rentrée 2010, carence en partie compensée par une « augmentation de 31 % du recours aux contractuels et vacataires ».
Dans ce contexte, le ministre de la Fonction publique envisage une première mesure : transformer en CDI les contrats des agents en CDD depuis au moins 4 ans. Certes, pour une partie des précaires, cela équivaut à une amélioration notable de leur vie quotidienne. Reste qu’il s’agit, en réalité, d’une simple transposition du droit européen. Le gouvernement fait preuve, par conséquent, d’une certaine malhonnêteté quand il présente cette mesure comme un geste volontariste.
La seconde mesure consiste en un plan pluri-annuel de résorption de la précarité. 50 000 agents non-titulaires devraient être titularisés via l’ouverture de concours internes et d’examens professionnels. Sachant qu’il y a actuellement 870 000 précaires, il suffit de faire une simple opération de soustraction pour s’apercevoir que le gouvernement a en fait choisi de maintenir 820 000 précaires dans la fonction publique. Requalifier une partie d’entre eux en CDI n’est qu’une demi-mesure qui ne fera que reconduire les inégalités au sein de la fonction publique.
L’UFAL :
• Rappelle que les agents de l’Etat doivent être recrutés par concours nationaux et non par contrat. Le statut de fonctionnaire est en effet le plus à même de protéger les personnels des diverses pressions dont ils pourraient faire l’objet.
• Tient à exprimer son inquiétude face à la politique de contractualisation des personnels que le gouvernement est en train de mettre en œuvre à travers la requalification d’une partie des contractuels en CDI, mais aussi d’une façon plus larvée à travers des dispositifs comme le programme CLAIR ou encore le « pacte de carrière »
• Dénonce toutes les formes de précarité dans la fonction publique, et en conséquence, un plan qui n’est pas à la hauteur des enjeux.
• Fait le même constat que l’IGEANR dans le rapport qu’elle a remis au ministre de l’Education nationale au mois de juillet dernier (lire le communiqué de presse à ce propos) et dénonce une politique insincère qui, sous couvert de résorber la précarité, la produit.
• Exige un plan de titularisation dans l’Education nationale beaucoup plus ambitieux, qui ouvrirait des postes aux concours internes et réservés en prenant en compte le nombre réel de précaires.
• Exige une formation initiale d’un an de tous les enseignants, en partant du principe de bon sens selon lequel un enseignant bien formé est le gage d’un élève bien formé.
17:27 Publié dans Culture, Laicite, Services publics | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ufal, précarité, fonction publique, éducation nationale, suppression de postes, igaenr
15.12.2010
Lettre ouverte des organisations signataires de l’Appel national pour l’Ecole Publique
Au Président de la République, au Premier Ministre, au Ministre de l’Education nationale, aux présidents des groupes parlementaires, aux présidents des Conseils régionaux, aux présidents des Conseils généraux, aux responsables des partis politiques, le 9 décembre 2010
En quelques mois, plus de 300 000 « citoyens‐militants » ont engagé leur signature au bas de l’ « Appel national pour l’Ecole Publique » lancé par nos organisations. C’est en leur nom que nous vous interpellons aujourd’hui.
Nous refusons que l’État contribue au dépérissement de notre service public et laïque d’Education. Nous considérons que l’École de la République est aujourd’hui mise en danger par des choix politiques qui, de fait, favorisent l’enseignement privé et encouragent le consumérisme éducatif.
Nous rappelons que l’Education n’est pas une marchandise. C’est, au contraire, un bien commun et un investissement nécessaire pour l’avenir de notre pays.
Nous considérons que les largesses budgétaires et les encouragements permanents dont bénéficie l’enseignement privé doivent cesser. L’argent de tous ne doit plus financer les choix particuliers de quelques-uns. C’est pour cela que nous demandons que l’engagement éducatif sans faille de la Nation soit réservé à l’Ecole de la Nation.
Nous exigeons que la liberté de conscience soit respectée partout. C’est grâce à elle que les élèves aiguisent leur esprit critique et se préparent à l’exercice de leur future citoyenneté. L’École publique doit demeurer l’espace d’apprentissage du « vivre ensemble », indispensable à la cohésion sociale.
Nous affirmons que notre modèle d’Ecole publique laïque et gratuite garde toute sa pertinence pour une France innovante et ancrée dans l’Europe.
Nous vous demandons donc, solennellement, d’oeuvrer pour que l’École de la République retrouve son rang. Forts du soutien des 300 000 « engagés » que nous avons rassemblés, nous vous invitons à vous engager, vous aussi, du coté de l’École Publique.
Soyez assurés de notre entière détermination à défendre et promouvoir le service public et laïque d’Education.
Organisations signataires :
A ET I, ACTION ET DEMOCRATIE, ADFE, ADLPF, AFPEN, ANATEEP, APAJH, APERF, CDPEPP, CEDEC, CGT EDUC ACTION, CNAFAL, CONVERGENCE REPUBLICAINE, DDEN, FAEN, FCPE, FERC CGT, FGR‐FP, FLE , FNER , GDID, L’APPEL DES APPELS, LMDE, RNCE, RNP, SE‐UNSA, SGL, SIEN, SNASEN, SNCL, SNEA , SNETAA EIL, SNIES, SNMSU, SNPDEN, SNPSYEN, SNPTES, SUDEL, SUP’RECHERCHE, UDAS, UFAL, UNEF, UNL, UNSA, UNSA LABOS EDUCATION, UNSA MAIF, UNSA TECHNICOLOR, UNSA‐EDUCATION
08:21 Publié dans Les libertés, Scolaire, Services publics, Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ufal, école publique, école privée, laïque, service public
28.11.2010
Après la mise sur les rails du capitalisme vert, la parenthèse verdâtre est refermée
Au lieu d’une avancée pour l’écologie, les deux premiers gouvernements Fillon auront été l’illustration que décidément les néolibéraux sont capables de reprendre toutes les causes pour servir la seule qui compte à leurs yeux, enrichir la caste des dominants sur le dos du peuple.
En guise d’écologie politique, c’est à dire l’amélioration de la qualité de vie individuelle et sociale, nous avons eu droit à la transformation du développement durable en capitalisme vert et à l’instrumentalisation culpabilisante de l’écologie pour ponctionner encore plus les classes populaires (cf. la taxe carbone), en reportant les « solutions » -c’est à dire les prélèvements- sur les citoyens pour permettre de nouveaux gisements de profits pour les entreprises (éolien, solaire, déchets, etc.).
Que le ministre de l’écologie ait été le n°2 du gouvernement n’y a rien changé, un affichage de plus pour mieux avancer dans la lutte des classes version Warren Buffett1, en faisant croire à qui voulait y croire que la dimension écologique était devenue une priorité nationale.
En rétrogradant le ministre de l’écologie au 4ème rang protocolaire au profit du ministère des guerres énergético-impérialistes étasuniennes, en lui faisant perdre le rang de Ministre d’État et en amputant ses prérogatives des secteurs de l’énergie, de la mer et de l’aménagement du territoire, le sarkozysme n’est pas dans le renoncement, mais plutôt dans le sentiment que le devoir est accompli et qu’il est temps de remettre l’organisation économique en ordre de bataille pour ceux à qui il est tant redevable.
Plutôt que de déplorer la place de l’écologie dans le nouveau gouvernement, l’UFAL poursuit son travail pour devenir dans ce secteur comme dans d’autres un acteur d’éducation populaire, parce qu’aujourd’hui, il est plus que temps de réhabiliter le contenu de l’écologie politique pour aller vers l’écologie républicaine, maillon indispensable à la globalisation des combats.
- phrase citée dans La guerre des classes de François Ruffin (Fayard, 2008) : « La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter. » Warren Buffett, première fortune mondiale. [↩]
09:59 Publié dans Bonimenteur, Ecologie, Sarkoland | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ufal, écologie, politique, taxe carbone
04.10.2010
Interview de Damien Pernet, réalisée par l'UFAL à l'occasion de l'université populaire laïque, à Eymoutiers en août 2010
Interview de Damien Pernet (Conseiller municipal d'opposition à Esbly 77450) envoyé par ufalvideos. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
18:26 Publié dans Culture, Esbly, Laicite | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : esbly, ufal, pernet, diplomes au rabais, bac
























