06.12.2011
Quelle morale, et pour qui ?
L’éternel retour de la morale à l’école par Ruwen Ogien [06-12-2011].
Alors que [1] les congés scolaires de l’été 2011 n’étaient pas encore achevés, le Ministre de l’éducation, Luc Chatel, s’était déjà remis au travail pour annoncer en grande pompe le retour de l’instruction morale à l’école élémentaire. [2] La mesure, présentée comme une innovation pédagogique importante, qui restaurait enfin un programme abusivement supprimé il y a près de quarante ans à cause d’une supposée dérive post soixante-huitarde [3], n’avait pourtant rien d’original. Trois ans auparavant déjà, en 2008, Xavier Darcos, alors en charge de l’Éducation dans le premier gouvernement Fillon, avait remplacé l’éducation civique par l’instruction civique et morale. [4]
L’utilité d’ajouter une mesure à peu près identique à celle qui existait déjà (et qui ne sera probablement pas plus appliquée que cette dernière) n’étant pas évidente, il était légitime de se demander ce qu’elle visait vraiment. Les syndicats dénoncèrent une manœuvre « destinée à masquer les véritables problèmes de l’école, que ce soit les suppressions de postes ou bien le manque de moyens mis en œuvre dans les établissements pour aider les élèves en difficulté » et une opération de communication destinée à flatter un électorat conservateur toujours demandeur d’ordre moral. [5]
Il est difficile de nier que ce fût l’une des motivations politiques du ministère, qui devait faire face à la montée de l’ « indignation » des écoles publiques et privées, en raison de la paupérisation organisée de ces institutions. Mais, au delà, le retour de la morale à l’école est, à mon avis, un nouvel épisode de la guerre intellectuelle menée contre les pauvres, qui vise à les faire passer pour responsables de leur situation de plus en plus précaire.
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16:49 Publié dans Culture, Laicite, Sarkoland | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : morale, école, ordre moral, gouvernement, chatel
01.12.2011
Alain, Le citoyen et les pouvoirs.
« À partir du moment où les citoyens approuvent, les yeux fermés, tous les discours et tous les actes d’un homme ou d’un groupe d’hommes, à partir du moment où l’électeur laisse rentrer le dogme dans la politique et se résigne à croire sans comprendre, la République n’existe plus que de nom. Comme la confiance est la santé des monarchies, ainsi la défiance est la santé des Républiques » Alain.
09:00 Publié dans Culture, Les libertés | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alain, philosophie, citoyen, pouvoir, pensées
29.11.2011
La culture du maïs OGM de Monsanto n’est plus suspendue en France
« Tirant les conséquences de l’arrêt de la Cour de justice européenne (en septembre), le Conseil d’État relève que le ministre de l’Agriculture n’a pu justifier de sa compétence pour prendre les arrêtés, faute d’avoir apporté la preuve de l’existence d’un niveau de risque particulièrement élevé pour la santé ou l’environnement », a indiqué le Conseil.
09:43 Publié dans Culture, Ecologie, Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : maïs transgénique, monsanto, ogm, conseil d'état
31.10.2011
La République contre son École Livre sur l'école, la laïcité Eddy KHALDI et Muriel FITOUSSI
Sortie début novembre 2011
Certains, après la sortie de « Main basse sur l’école publique », n’ont pas voulu croire, au moins dans un premier temps, dans la radicalité des postulats et parti-pris idéologiques qui avaient présidé, comme nous le dénoncions alors, aux mesures initiées par Xavier Darcos. Puis la « fusée des réformes » a décollé, et les yeux de nombreux citoyens, au-delà même de la communauté éducative, ont décillé. Les atteintes graves au service public d’éducation se sont succédées à un rythme infernal, de la suppression annoncée de la carte scolaire à une survie problématique des IUFM et des maternelles, de la confirmation, pour les communes, d’une obligation de chèque-éducation au bénéfice des établissements privés, au plan banlieue encourageant la création de nouvelles écoles privées catholiques, en passant, bien sûr, par des suppressions de postes d’enseignants (dont les RASED) planifiées sur au moins deux années, par dizaine de milliers, entraînant, ici, des suppressions de classes et même d’écoles, là, l’explosion des effectifs par classes, pour le public.
Commande en ligne sur internet :
17:35 Publié dans Culture, Laicite, Scolaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : école publique, république, sarkozy, darcos, carte scolaire
12.10.2011
Droit à l'eau : allocation solidarité et tarification progressive sont nécessaires
Le CGEDD (Conseil général de l'environnement et du développement durable) s'est penché sur la mise en place d'une allocation de solidarité pour l'eau. Selon lui, elle coûterait 0,015/m3 supplémentaires. Mais son efficacité est conditionnée à la mise en œuvre d'une tarification progressive.
Une contribution de solidarité de 0,015€/m3
D'un point de vue environnemental, social et économique, l'idée d'une allocation de solidarité dédiée à l'eau retient les faveurs des rapporteurs. Celle-ci serait reversée aux deux millions de Français dont la facture d'eau et d'assainissement ''représente plus que le seuil d'acceptabilité estimé à 3 % du revenu'' . Elle coûterait 50 millions d'euros au plan national. ''Si l'on rapporte ce montant au chiffre d'affaires de l'eau potable distribuée aux particuliers qui est de 11 milliards d'euros par an, c'est donc un prélèvement de 0,45% qu'il conviendrait d'effectuer sur ce chiffre d'affaires pour assurer le financement de cette nouvelle allocation de solidarité, ce qui est en deçà du plafond autorisé par la loi''. Le montant de prélèvement serait fixé à 0,015 €/m3. Ainsi, un abonné qui consomme 120m3 d'eau par an verrait sa facture annuelle augmenter de 1,8 €. Les agences de l'eau puis l'office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema) seraient chargés de la collecte. ''En termes de redistribution, partant du constat que le nombre de titulaires du revenu de solidarité active (RSA) est actuellement de 850.000, il est proposé que l'Onema reverse à chaque conseil général une somme calculée sur la base du nombre de titulaires de ce revenu, en invitant cette collectivité à moduler le niveau de l'aide individuelle de manière à aider en priorité les personnes qui subissent le tarif d'eau le plus élevé''. Le CGEDD estime l'aide annuelle moyenne à 60 € par bénéficiaire. Elle devrait permettre également d'apporter aux fonds de solidarité logement les sommes nécessaires à la couverture des besoins liés à l'eau.
08:18 Publié dans Culture, La crise, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eau, solidarité, allocation, facture progressive
03.10.2011
Dette objective et dette subjective, des droits sociaux à la dette
Cette recherche s’est déroulée en temps de crise : la crise financière des subprimes de 2007- 2008, la crise économique qui l’a suivie, puis la crise fiscale des États grec, irlandais, portugais... La crise économique a signifié ralentissement - voire baisse dans certains secteurs - de l’investissement et hausse du chômage et, à ce titre, a touché immédiatement notre champ d’investigation : la condition des chômeurs et des précaires. Mais nous avons également pris la mesure des dimensions financières de la crise en ce qu’elles affectent, par certains aspects de manière encore plus importante, les chômeurs et les précaires. En effet, d’une part, la crise financière a lourdement pesé sur les budgets de l’État, en laissant apparaître comme nécessité, sans alternative possible, la réduction des dépenses publiques ; d’autre part, les modes de financement des déficits orientent les politiques sociales.
La dette objective comme machine sociale de capture
En 2009, le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle a pesé pour 1,3 milliard d’euros sur le total des prestations versées, mais n’a contribué que pour 223 millions aux recettes (cotisations) de l’Unedic. Le déficit s’élève donc à plus de 1 milliard d’euros. Soit un montant à peine inférieur au déficit de l’Unedic pour cette même année.
À partir de la « légitimité » de ce déficit, les médias et les analystes rejoignent les positions du Medef, pour qui une nouvelle révision de la réforme des Annexes 8 et 10 et une ultérieure restriction du périmètre de l’intermittence s’imposent à terme. Pourtant, le déficit de l’Unedic est loin de pouvoir être attribué aux seuls intermittents du spectacle, et encore moins aux seules dépenses. En effet, depuis 2002, l’Unedic enregistre des déficits annuels importants : selon les estimations, le déficit cumulé devrait atteindre 11 milliards d’euros à la fin de l’année 2011.
10:01 Publié dans Culture, La crise, Sarkoland, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dette, crise, subprimes, intermittents, unedic
07.09.2011
Fête de l'humanité 2011
09:14 Publié dans Culture, Les libertés | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fête de l'humanité, pc, la courneuve, artistes
21.08.2011
Esbly : Offres de la médiathèque départementale ?
Esbly, ne possédant qu'une bibliothèque paroissiale, les Esblygeois devront s'inscrire à Montry par exemple, pour bénéficier des offres culturelles complètes et libres.
http://mediatheque.seine-et-marne.fr/textes-images-sons
10:14 Publié dans Conseil général, Conseil municipal, Culture, Vie municipale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : esbly, bibliothèque paroissiale, culture, 77, médiathèque
28.07.2011
Esbly - L'histoire pour les nuls : Réponse à Mme Valérie Pottiez-Husson sur la notion de référendum.
Précédent post : Esbly: Le Forum défend la démocratie participative.
Interrogée, lors du conseil municipal du 23 juin 2011, sur les raisons de son refus d'organiser un référendum portant sur le choix de l'intercommunalité, Mme le maire répond :
« De tout temps, quand il y a eu référendum, les gens ont répondu à côté de la question posée. »
Revenons donc à la vérité historique.
Le référendum est une procédure démocratique par laquelle le corps des citoyens est appelé à exprimer, par une votation populaire, son avis ou sa volonté à l'égard d'une mesure qu'une autre autorité envisage de prendre.
Si l'on suit Mme le maire, Saint Louis a dû (« de tout temps ») consulter ses sujet pour lancer sa croisade, et Louis 14 faire de même pour révoquer l'édit de Nantes...
Bien entendu, c'est absurde, puisque :
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Philosophiquement, la notion apparaît chez Rousseau dans le Contrat Social : « Toute loi que le peuple en personne n'a point ratifiée est nulle. »
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Historiquement, le référendum est utilisé pour la 1ere fois en 1793 pour l'adoption de la constitution Jacobine.
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Juridiquement, ce n'est que sous la 5eme République que le référendum apparaît dans la Constitution.
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Localement, les référendums d'initiative locale sont légaux depuis 2003.
Quand Mme le maire, donc, ne sait comment justifier ses choix anti-démocratiques, elle réinvente l'histoire. C'est ce qu'on appelle de la sophistique pure et simple.
On ne saurait trop lui conseiller de construire une bibliothèque municipale à Esbly, au moins pour son propre usage...
Damien Pernet.
19:45 Publié dans Culture, Esbly, Vie municipale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : esbly, madame le maire, référendum
11.06.2011
Le rêve de Laura
Connaissez-vous Laura ? Vous ne pouvez pas la manquer. C’est cette jeune femme en gilet et pantalon beiges qui, depuis quelques jours, s’affiche dans la plupart de vos journaux, héroïne fictive d’une campagne de communication du ministère de l’Éducation nationale. Un recueil de nouvelles à la main, elle esquisse un sourire jocondard qui laisse entrevoir une âme en paix. La sérénité dans un monde de brutes.
Laura, nous dit la publicité, rêvait de « transmettre des savoirs et des valeurs », et la voilà sur le point de « devenir enseignante ». Car figurez-vous que l’Éducation nationale recrute. Elle vient même d’investir un million trois cent mille euros dans cette campagne destinée à réveiller les jeunes vocations. La publicité précise que dix-sept mille postes d’enseignants, d’infirmiers ou de médecins sont à pourvoir en 2011. C’est ici qu’on a envie de s’exclamer comme Louis Jouvet dans Drôle de drame : « Bizarre, comme c’est bizarre ! » N’a-t-on pas entendu le ministre Luc Chatel répéter sur tous les tons qu’il fallait supprimer seize mille postes d’enseignants pour la prochaine rentrée ?
En fait, derrière cette apparente absurdité, on a tôt fait d’apercevoir une certaine logique. Pas celle des enseignants, bien sûr, ni celle des enfants. Pas celle des parents non plus. Une logique budgétaire. Froidement budgétaire. Le gouvernement veut rééquilibrer « les comptes de la nation », comme l’on dit, sur le dos des fonctionnaires. Et les profs ne sont pas les derniers à payer leur tribut. Moins d’enseignants, donc. Mais la démographie étant ce qu’elle est, on en vient à recruter une partie de ce qu’on a supprimé par ailleurs. Pour quel profit ? On peut parier que Laura sera moins bien rémunérée que le ou la collègue qu’elle remplacera. Sa formation sera plus aléatoire, dispensée sous forme de stages gratuits, et parfois in situ, c’est-à-dire devant sa première classe.
18:48 Publié dans Culture, Scolaire, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laura, éducation nationale, publicité, vocation
























