21.11.2010

N.Sarkozy : La politique sportive du grand écart !

Dimanche  14  novembre  2010,  Chantal  Jouanno  est  nommée Ministre  des  sports.  La  création  d'un  Ministère  des  sports pourrait être une bonne nouvelle et un signe fort pour le sport. Et  pourtant,  comment  croire  à  un  Ministère  déjà  démantelé  ?
Comment  croire  à  la  force  d'un  Ministère  amputé  de  15%  de son  budget  ?  Les  décisions  politiques  n'ont  pas  cessé  de contredire les promesses et campagnes médiatiques.

Souvenons-nous,  c'était  en  2007.  Alors  candidat  à  la  présidence  de  la République,  Nicolas  Sarkozy  promettait  un  budget  des  sports  à  3%  du budget national. Il est aujourd'hui à 0,2%.

Souvenons-nous, fraîchement élu, ce même Nicolas Sarkozy déclarait que le sport  est  « une  composante  à  part  entière  de  la  vie  éducative,  de  la  vie culturelle, sociale, économique de notre pays ».

Souvenons-nous  du  message  de  Bernard  Laporte  adressé  en  2008  à  de jeunes  journalistes  «Nous  nous  intéressons  à  tous  les  milieux,  mais  nous avons des priorités et ces priorités, ce sont les quartiers et les banlieues. »

Souvenons-nous des termes employés par Rama Yade en septembre 2009 auprès des acteurs du mouvement sportif « Il est temps de comprendre que l'autre   nom   du   Ministère   des   Sports   est   le   Ministère   de   l'Education populaire ».

Nous nous souviendrons probablement de ce discours d'investiture ce lundi 15 novembre 2010 de Chantal Jouanno «Le sport structure l’essentiel de nos vies. Le sport est d’abord une question de valeur et d’éthique et nous avons devant nous de magnifiques chantiers.»

La  succession  de  Ministres  ne  change  rien,  le  désengagement  du gouvernement est à l'opposé des nombreuses promesses :

✔ Un budget des sports en baisse de 40% depuis 2003.
✔ La suppression des DDJS et DRJS.
✔  Un  CNDS  détourné  des  associations  au  profit  du  sport  spectacle  et marchand.
✔ La moitié des CREPS fermés, les autres centrés sur la performance. La gestion de  l'INSEP privatisée.
✔ La moitié des départs en retraites des profs d'EPS non remplacés.
✔ Des Lois et réformes au profit du sport professionnel et des lobbies privés.
✔ Un temps libéré sacrifié au profit du secteur privé et du MEDEF.
✔ Une absence totale de concertation. La suppression du CNAPS.
✔ Un  intérêt  général  transformé  en  intérêt  général  économique.  L'abandon du service public.
✔ La compétitivité internationale comme priorité des politiques publiques.