12.04.2011

Lettre ouverte aux Députés, en particulier aux 124 signataire de la proposition de loi N° 3301 (Interdiction forages pétrole et huile des chiste)

(Nde = Les partisans et artisans des forages passent à l'attaque vers les députés, en faisant passer les opposants pour des rigolos et des incompétents. L'UMP se trouvera coincée par sa proposition de loi en urgence et fait figure d'arroseur arrosé. Mais ce qui suit démontre le sens des futurs rapports d'expertises. Alors redoublons de vigilance car l'Ump peut se raviser ! J.Picchio)

AFPET.JPGBordes le 11 avril 2011 

Monsieur le Député,

C’est avec une vive stupéfaction mêlée d’amertume que nous avons pris connaissance de la proposition de loi N° 3301 visant à interdire, sur le territoire national, l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, que viennent de déposer 124 députés de la majorité gouvernementale.
Plusieurs de nos adhérents connaissent nombre d’entre eux et pourraient attester que le gaz de schiste n’est pas leur tasse de thé comme disent nos amis anglo-saxons pour qui le gaz et les huiles de schiste sont une bénédiction. 

Nous sommes surpris de trouver parmi eux les noms d’un ancien Ministre de l’industrie qui devrait savoir que le film GasLand n’est qu’une vaste imposture, truffée de mensonges et de contre-vérités et celui d’un ancien Ministre du budget dont la connaissance de l’état de nos finances devrait lui interdire de tourner le dos à la manne providentielle qui se présente à notre pays. On peut estimer à une centaine d’années, aux taux actuel de la consommation annuelle française, les  réserves de gaz de schiste dont nous disposons !

L’exposé des motifs laisse rêveur sur les connaissances de celui ou de ceux ou celles qui l’ont rédigé. En effet, le gaz naturel classique, c'est-à-dire le méthane, s’accumule dans des pièges structuraux et/ou stratigraphiques pour y former des gisements (on parle alors de gaz conventionnel) ou bien il imprègne la totalité de la roche sédimentaire qui le contient, laquelle est à la fois « roche mère » et « roche magasin encore appelée roche réservoir ». Cette dernière est un ancien fond marin ou lacustre, une vase, qui s’est enfoui au cours des temps géologiques pour donner naissance à une roche microporeuse et imperméable (c'est-à-dire dont les pores de taille millimétrique ne communiquent pas entre eux). Elle est très riche en matière organique qui résulte de la décomposition des squelettes de poissons et de mollusques et de débris végétaux et, selon la position des dépôts dans le bassin (Bassin de Paris, bassin d’Aquitaine, Sillon Rhodanien, Fossé Rhénan), cette matière donnera naissance à du gaz de schiste ou des huiles de schiste. On parle alors d’hydrocarbures non conventionnels. Il est donc nécessaire pour récupérer ces hydrocarbures de fissurer la roche à l’aide d’eau sous pression, chargée de sable ou de microbilles de céramique, pour faire communiquer ces pores entre eux et maintenir les fissures ouvertes. Les fissures obtenues mesurent, en moyenne, entre 1 mètre et 150 mètres de longueur et ne communiquent aucunement avec les nappes phréatiques qui, elles, sont situées à 2000 m, voire 3 et 4000 m au dessus d’elles. L’opérateur étudie la position de ces fissures à l’aide de la microsismique. Le terme de fracturation hydraulique nous parait impropre car les détracteurs du gaz de schiste n’hésitent pas à dire que la fracturation se fait à l’aide d’explosifs qui provoquent des affaissements du sol (sic). Certains parlent de taupinière et voient déjà leur maison disparaitre. La Butte Montmartre est truffée de carrières de gypse et le Sacré Cœur est toujours là. De même les galeries de mine, dans le bassin houiller du Nord-Pas de Calais par exemple, ont rarement donné lieu à des affaissements de terrain, mais leur taille est sans commune mesure avec les fissures dont nous parlons.

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