15.05.2011

La potion amère de l'équilibre budgétaire (La France à la merci du FMI ?)

POLITIS.JPGEn Grèce, en Irlande ou au PortugaÏ les programmes de rigueur présentent le risque de freiner les économies et donc de creuser les dettes.

La potion amère de l'equilibre budgetaire :

La France tente de graver dans le marbre de sa Constitution une politique d'austérité budgétaire, â l'image de celle appliquée â la Grèce, â l'lrlande et desormais au Portugal.

Ce dernier sera soumis à un programme de rigueur et de réformes libérales en échange d'une aide financière de 78 milliards d'euros sur trois ans negociée avec la Commission europeenne et le Fonds monétaire international (FMI).

C'est le résultat d'un accord présenté par le Premier ministre démissionnaire alors que des législatives anticipées doivent se tenir le 5 juin. Le consensus politique a même été demandé par la mission de la Commission et du FMI. La potion amère imposée suscite cependant grèves et manifestations à répétition contre cette politique qui prévoit le gel des salaires des fonctionnaires, de nouvelles hausses d'impots et une réduction des prestations soclales. Ces mesures drastiques sont prescrites dans les recommandations de la Commission europeenne, qui prone un « assainissement budgétaire rigoureux » â l'ensemble des pays membres de l'UE dans le cadre du « semestre européen ». Ainsi, le plan d'austerite portugais exigera des « efforts majeurs de la population », ont averti le commissaire europçen Olli Rehn et le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn.

Mais le risque serait de freiner les économies  et de creuser leur dette. « Les plans d'austérité brisent  la croissance économique. Personne n'a jamais réussi a  sortir d'un déficit grace à une politique de rigueur », estime  l'économiste et universitaire Pierre Dockes. Selon lui, dans  le cas oû les pays ne seraient pas en mesure de rembourser  leur prêt, « une restructuration de la dette serait  nécessaire et le créancier serait contrainit de la payer ». 

Le Portugal est le troisieme pays de la zone euro à recourir  à une aide de l'Union et du FMI, après la Grèce et  l'lrlande. En novembre 2010, l'lrlande a negocié un prêt  de 85 milliards d'euros sur trois ans, et accepte un plan  d'ajustement qui exige 15 milliards d'euros d'économies  d'ici â 2014, soit deux fols plus que son objectif inltial.

Au Portugal, 12 milliards d'euros serviront â renflouer  les banques sans qu'il leur soit demandé de contrepartie  ni qu'un frein soit mis â la spéculation financière. Le reste du prêt servira à rembourser une partie de la dette, qui s'éleve actuellement â 159,5 milliards d'euros.

Audrey Loussouarn

06.08.2010

Pétition : Nous sommes tous Français !

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Source Mediapart : Pour signer la pétition cliquer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le constitutionnaliste Olivier Duhamel et quatre autres signataires lancent un appel solennel après les déclarations de Nicolas Sarkozy stigmatisant les Français «d'origine étrangère». Ils appellent le Président de la République «à apprendre les leçons du passé et à renoncer sans attendre à la mise en œuvre d'une régression aussi contraire aux principes fondamentaux de la République». Ils invitent tous ceux qui approuvent cet appel à le faire circuler et à le signer.

Nous sommes tous français quelle que soit notre origine. Et la plupart des Français ont, d'une façon ou d'une autre, une origine étrangère.

Nous sommes membres d'une nation qui, selon l'article 1er de sa Constitution, «assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion». Nous sommes citoyens d'une république qui refuse de discriminer les Français selon leur origine, quelle qu'elle soit. Nous appartenons à un peuple qui, en proclamant solennellement son attachement aux droits de l'homme, se souvient que cette sélection entre Français selon l'origine fut celle du régime raciste de Vichy.

Le premier des pouvoirs et des devoirs du président de la République française est de veiller au respect de la Constitution, et donc de ces principes. Or Nicolas Sarkozy a déclaré publiquement, à Grenoble, le 30 juillet, que «la nationalité doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police, d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique».

Si cette intention devenait réalité, elle instaurerait deux catégories de Français, ruinant le principe d'égalité devant la loi et instaurant une nationalité conditionnelle pour les Français d'origine étrangère. Rien ne saurait justifier que l'on commette de telles atteintes à l'unité de notre communauté nationale et à la tradition républicaine, telles qu'elles sont définies par notre Constitution.

Nous ne savons pas si et jusqu'où ces atteintes pourraient s'étendre dans l'avenir. Nous serions entièrement solidaires de tout «Français d'origine étrangère» qui serait victime d'une telle discrimination. D'ores et déjà, nous appelons le Président de la République à apprendre les leçons du passé et à renoncer sans attendre à la mise en œuvre d'une régression aussi contraire aux principes fondamentaux de la République.