24.02.2011
De la "démocratie" Esblygeoise.
« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.
Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, prévoyant, régulier et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre? »
Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1840, Ed. Gallimard, 1968
Alexis de Tocqueville est un jeune aristocrate lorsqu'il part pour les Etats-Unis afin d'observer la réalité de la démocratie américaine.
Dans ce passage célèbre, il forge le concept de « despotisme doux ».
Selon lui (§1), la démocratie génère l'individualisme. Par conséquent (§2), l'Etat devient une forme de Léviathan paternaliste qui, après avoir libéré le citoyen du souci de vouloir, lui « ôte entièrement le trouble de penser. »
A quelque échelle de pouvoir, cette tendance de la démocratie représentative à ne plus demander aux citoyens leur avis sur des questions d'intérêt général, mais un blanc – seing sous forme de bulletin de vote, peut et doit être combattue par la démocratie participative, c'est à dire, par des associations de citoyens entendant faire vivre l'esprit démocratique en pesant sur les choix des autorités en place.
A Esbly, la majorité municipale ne veut entendre parler d'aucune consultation populaire concernant l'intercommunalité; pourtant c'est un choix qui va impacter très fortement et très rapidement la vie des Esblygeois.
Mais on ne gouverne pas innocemment! Ce mutisme cache mal la volonté de privilégier des choix de carrière politiciens au détriment de l'intérêt général.
Dans les prochains mois, l'opposition municipale fera de son mieux pour proposer aux Esblygeois une information détaillée sur les 4 choix possibles d'intercommunalité afin de permettre à tous d'exercer pleinement et entièrement nos droits de citoyens.
Damien Pernet.
11:48 Publié dans Culture, Démocratie, Esbly, Forum, Vie municipale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : esbly, démocratie, intercommunalité, consultation populaire, démocratie participative























