02.05.2012

Le « vrai travail » selon Sarkozy va-t-il tuer la démocratie ?

BASTA.JPGPar Ivan du Roy, Nolwenn Weiler (1er mai 2012)

Et si la poussée réactionnaire, le sentiment d’abandon et de frustrations qu’exprime une partie des classes populaires venaient aussi de ce qu’elles vivent sur leur lieu de travail ? Destruction des collectifs, individualisation, soumission aux logiques financières, management oppressant et incertitudes permanentes caractérisent de plus en plus le monde de l’entreprise. Nicolas Sarkozy y répond par la division, en séparant les « vrais travailleurs » des autres, les résistants, les « inaptes » ou les chômeurs. Bien plus qu’une question sociale, voici pourquoi le travail est devenu un enjeu démocratique central.

L'article en entier.....

13.04.2012

Tapage : le n°17 de mars 2012 est paru (gratuit) !

tapage.jpegAu sommaire du Tapage 17 de mars

La démocratie à l'épreuve de la crise :


Certes des menaces pèsent lourdement sur les peuples, en France (p16) et d’en d’ autres pays d’Europe (p 18) Mais ne désespérons pas de la démocratie (p 4 et 5) En effet, que ce soit en matière d’énergie (p 10) d’éducation (p 2 et 3) de production (p14) et de « Droits de l’homme » (p 17) nous avons encore bien des raisons de garder espoir.
Cependant pour cela il nous faut parfois perdre certaines illusions (p15), déjouer des pièges grossiers (p6 et 7) et garder notre passé en mémoire (p9)…

30.09.2011

Esbly - Primaires Citoyennes : tous aux urnes !

Les 9 et 16 octobre 2011, tout citoyen se reconnaissant dans les valeurs de gauche est invité à désigner le candidat socialiste ou radical de gauche pour affronter N. Sarkozy ou M. Le Pen au deuxième tour de la présidentielle.

Certes, tous les électeurs de gauche n’adhèrent pas à la totalité des orientations proposées par les candidats. Beaucoup choisiront E. Joly, J.L. Mélenchon ou encore P.Poutou ou N. Arthaud au premier tour de la présidentielle.

Cependant ce n’est faire injure à personne que de considérer qu’au deuxième tour, il est très probable que ce sera le vainqueur des primaires citoyennes qui affrontera le représentant d’une droite dure et sans complexe.

Dés lors, il convient que celui-ci (ou celle-là) soit le représentant de toutes les sensibilités de gauche de manière à faire le plein des voix démocratiques, sociales et écologiques au deuxième tour.

Pour le pouvoir en place et pour l’ensemble du corps électoral, la participation de nombreux électeurs de gauche à ces primaires sera un signal fort de notre détermination à changer de cap.

Daniel Lagorce

Le bureau de vote d’Esbly est situé rue mlle Poulet dans la salle annexe donnant sur le parking derrière la mairie. Le scrutin est ouvert de 9 à 19 heures.

Une pièce d'identité et 1€ (mini) sont indispensables pour voter.

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03.09.2011

La démocratie : les nouvelles Bastilles à prendre

ufal.jpgContrairement aux idées reçues la démocratie en tant que telle n’est pas fondamentalement remise en cause. L’exemple du réveil arabe et l’extension du phénomène dit « des indignés » montrent en réalité une nouvelle forme d’exigence démocratique. En d’autres termes, les peuples y compris le peuple français n’ont pas renoncé à l’idéal démocratique. Il est également intéressant de noter que ces révoltes ne mettent pas avant des personnalités, des figures emblématiques. Il n’y a ni hommes providentiels, ni égéries.

Ceci étant dit, ces événements qui peinent encore à se structurer ne nous exonèrent pas d’une réflexion sur ce qu’est la démocratie, ses valeurs, ses fondements et ce qu’elle implique de droits mais aussi de devoirs, devoirs qui pèsent tant sur les épaules de nos dirigeants que sur celles des gouvernés.

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24.02.2011

De la "démocratie" Esblygeoise.

« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.

Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, prévoyant, régulier et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre? »

Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1840, Ed. Gallimard, 1968

Alexis de Tocqueville est un jeune aristocrate lorsqu'il part pour les Etats-Unis afin d'observer la réalité de la démocratie américaine.

Dans ce passage célèbre, il forge le concept de « despotisme doux ».

Selon lui (§1), la démocratie génère l'individualisme. Par conséquent (§2), l'Etat devient une forme de Léviathan paternaliste qui, après avoir libéré le citoyen du souci de vouloir, lui « ôte entièrement le trouble de penser. »

A quelque échelle de pouvoir, cette tendance de la démocratie représentative à ne plus demander aux citoyens leur avis sur des questions d'intérêt général, mais un blanc – seing sous forme de bulletin de vote, peut et doit être combattue par la démocratie participative, c'est à dire, par des associations de citoyens entendant faire vivre l'esprit démocratique en pesant sur les choix des autorités en place.

A Esbly, la majorité municipale ne veut entendre parler d'aucune consultation populaire concernant l'intercommunalité; pourtant c'est un choix qui va impacter très fortement et très rapidement la vie des Esblygeois.

Mais on ne gouverne pas innocemment! Ce mutisme cache mal la volonté de privilégier des choix de carrière politiciens au détriment de l'intérêt général.

Dans les prochains mois, l'opposition municipale fera de son mieux pour proposer aux Esblygeois une information détaillée sur les 4 choix possibles d'intercommunalité afin de permettre à tous d'exercer pleinement et entièrement nos droits de citoyens.

Damien Pernet.

11.01.2011

L’art d’enterrer les affaires

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jeudi 6 janvier 2011, par Denis Sieffert

« Secret-défense », entraves, nouvelles lois, pressions : les mille et une manières de cacher une affaire. Pourquoi il faut sauver le juge d’instruction, seule garantie d’une enquête indépendante. Le juge Jean de Maillard dénonce une justice de plus en plus néolibérale.

« Quand je veux enterrer une affaire, je crée une commission », disait déjà Clemenceau. Les stratagèmes auxquels les « politiques » ont recours pour étouffer une affaire gênante ne sont donc pas nouveaux. Et ils ne sont le monopole ni de la gauche ni de la droite. Mais avec Nicolas Sarkozy on assiste cependant à une multiplication sans précédent de ces situations où la justice est entravée. Évidemment, pas dans n’importe quelle affaire. Cette ingéniosité est mise en œuvre dans les scandales politico-financiers dont l’actualité de 2010 a été particulièrement riche. Les moyens sont toujours à peu près les mêmes.

Il y a la fameuse « commission » chère à Clemenceau, comme Nicolas Sarkozy vient encore d’en créer sur les « conflits d’intérêts ». Il y a aussi le sacro-saint « secret-défense », joker d’une rare efficacité pour interdire à un juge d’aller plus loin dans son enquête. Enfin, quand celui-ci se montre trop pugnace, on peut aussi le dessaisir du dossier, muter le magistrat gênant ou « dépayser » l’affaire, c’est-à-dire décider qu’elle sera instruite par une autre cour.

Ce qui, entre autres « avantages », contraint de nouveaux magistrats à reprendre le dossier à zéro. Le pouvoir vient d’user de ce stratagème dans l’affaire Woerth-Bettencourt. Sans parler ici de toutes ces petites ruses qui permettent de retarder une instruction jusqu’à pousser parfois un juge à renoncer. Mais le sarkozysme judiciaire a des traits particuliers. Il fait intervenir de plus en plus grossièrement le parquet, qui abandonne dans l’aventure toute velléité d’autonomie. Et, surtout, il envisage de supprimer les juges d’instruction, c’est-à-dire ces magistrats qui sont totalement indépendants de l’État. Ce n’est plus une affaire qui serait étouffée, c’est tout le système qui serait ainsi soumis au pouvoir. À ce niveau, c’est l’indépendance de la justice qui est menacée  ; et avec elle, la démocratie.