11.06.2011
Le rêve de Laura
Connaissez-vous Laura ? Vous ne pouvez pas la manquer. C’est cette jeune femme en gilet et pantalon beiges qui, depuis quelques jours, s’affiche dans la plupart de vos journaux, héroïne fictive d’une campagne de communication du ministère de l’Éducation nationale. Un recueil de nouvelles à la main, elle esquisse un sourire jocondard qui laisse entrevoir une âme en paix. La sérénité dans un monde de brutes.
Laura, nous dit la publicité, rêvait de « transmettre des savoirs et des valeurs », et la voilà sur le point de « devenir enseignante ». Car figurez-vous que l’Éducation nationale recrute. Elle vient même d’investir un million trois cent mille euros dans cette campagne destinée à réveiller les jeunes vocations. La publicité précise que dix-sept mille postes d’enseignants, d’infirmiers ou de médecins sont à pourvoir en 2011. C’est ici qu’on a envie de s’exclamer comme Louis Jouvet dans Drôle de drame : « Bizarre, comme c’est bizarre ! » N’a-t-on pas entendu le ministre Luc Chatel répéter sur tous les tons qu’il fallait supprimer seize mille postes d’enseignants pour la prochaine rentrée ?
En fait, derrière cette apparente absurdité, on a tôt fait d’apercevoir une certaine logique. Pas celle des enseignants, bien sûr, ni celle des enfants. Pas celle des parents non plus. Une logique budgétaire. Froidement budgétaire. Le gouvernement veut rééquilibrer « les comptes de la nation », comme l’on dit, sur le dos des fonctionnaires. Et les profs ne sont pas les derniers à payer leur tribut. Moins d’enseignants, donc. Mais la démographie étant ce qu’elle est, on en vient à recruter une partie de ce qu’on a supprimé par ailleurs. Pour quel profit ? On peut parier que Laura sera moins bien rémunérée que le ou la collègue qu’elle remplacera. Sa formation sera plus aléatoire, dispensée sous forme de stages gratuits, et parfois in situ, c’est-à-dire devant sa première classe.
18:48 Publié dans Culture, Scolaire, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laura, éducation nationale, publicité, vocation
16.03.2011
Georges Tron ou la précarité à durée indéterminée dans la fonction publique
Contact presse : Damien Pernet - 06 86 35 34 62 - 16/03/2011
Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, la précarité dans les trois fonctions publiques s’est accrue de façon alarmante. Des négociations paritaires se déroulent en ce moment pour la résorber. L’UFAL, qui milite depuis longtemps pour un enseignement de qualité, a dénoncé dès 2008 la politique consistant à supprimer drastiquement des postes à l’Education nationale (voir la pétition). C’est pourquoi elle n’est pas dupe des intentions réelles de Georges Tron et Luc Chatel.
L’actuel budget triennal reconduit la suppression de 16 000 postes d’enseignants par an, dans la logique de non – remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Cela se traduit par l’augmentation de personnels contractuels dans l’éducation nationale. Ainsi dans son rapport du 10 juillet 2010 l’IGAENR (corps de hauts fonctionnaires chargés de l’évaluation des politiques publiques) note qu’il manque 1 300 postes de titulaires dans le primaire et 2700 dans le secondaire à la rentrée 2010, carence en partie compensée par une « augmentation de 31 % du recours aux contractuels et vacataires ».
Dans ce contexte, le ministre de la Fonction publique envisage une première mesure : transformer en CDI les contrats des agents en CDD depuis au moins 4 ans. Certes, pour une partie des précaires, cela équivaut à une amélioration notable de leur vie quotidienne. Reste qu’il s’agit, en réalité, d’une simple transposition du droit européen. Le gouvernement fait preuve, par conséquent, d’une certaine malhonnêteté quand il présente cette mesure comme un geste volontariste.
La seconde mesure consiste en un plan pluri-annuel de résorption de la précarité. 50 000 agents non-titulaires devraient être titularisés via l’ouverture de concours internes et d’examens professionnels. Sachant qu’il y a actuellement 870 000 précaires, il suffit de faire une simple opération de soustraction pour s’apercevoir que le gouvernement a en fait choisi de maintenir 820 000 précaires dans la fonction publique. Requalifier une partie d’entre eux en CDI n’est qu’une demi-mesure qui ne fera que reconduire les inégalités au sein de la fonction publique.
L’UFAL :
• Rappelle que les agents de l’Etat doivent être recrutés par concours nationaux et non par contrat. Le statut de fonctionnaire est en effet le plus à même de protéger les personnels des diverses pressions dont ils pourraient faire l’objet.
• Tient à exprimer son inquiétude face à la politique de contractualisation des personnels que le gouvernement est en train de mettre en œuvre à travers la requalification d’une partie des contractuels en CDI, mais aussi d’une façon plus larvée à travers des dispositifs comme le programme CLAIR ou encore le « pacte de carrière »
• Dénonce toutes les formes de précarité dans la fonction publique, et en conséquence, un plan qui n’est pas à la hauteur des enjeux.
• Fait le même constat que l’IGEANR dans le rapport qu’elle a remis au ministre de l’Education nationale au mois de juillet dernier (lire le communiqué de presse à ce propos) et dénonce une politique insincère qui, sous couvert de résorber la précarité, la produit.
• Exige un plan de titularisation dans l’Education nationale beaucoup plus ambitieux, qui ouvrirait des postes aux concours internes et réservés en prenant en compte le nombre réel de précaires.
• Exige une formation initiale d’un an de tous les enseignants, en partant du principe de bon sens selon lequel un enseignant bien formé est le gage d’un élève bien formé.
17:27 Publié dans Culture, Laicite, Services publics | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ufal, précarité, fonction publique, éducation nationale, suppression de postes, igaenr
03.06.2010
L’Ufal 77 organise une conférence-débat : « La laïcité en questions »
Lundi 14 juin 2010 à MEAUX 19h-21h Salle Rapin . Cité administrative
Nous pouvons tous constater le retour de la problématique religieuse dans notre société.
Dans une perspective laïque, ce processus doit avoir toute latitude pour s'exprimer dans l'espace
privé et les lieux de culte. La liberté de conscience et de culte est en effet au centre de la réflexion laïque. Mais des événements récents font apparaître une collusion entre des opérateurs privés religieux et le pouvoir politique pour affaiblir l'ensemble des services publics et en premier lieu l'Education Nationale. Cette manoeuvre a un double objectif : ouvrir un marché lucratif pour les opérateurs privés et mener une diversion idéologique pour un pouvoir discrédité sur la question sociale.
Cette logique insidieuse doit alerter l'ensemble des laïques.
En effet, la liste des atteintes, plus ou moins frontales, aux principes laïques est malheureusement
bien longue. Il y a eu le concept de "laïcité ouverte" prônée par notre chanoine de Latran, la
pitoyable tentative de dresser les communautés les unes contre les autres à l'occasion du débat
sur l'identité nationale, la reconnaissance des diplômes délivrés par les universités confessionnelles, la création de fonds spécifiques pour les lycées catholiques dans les quartiers
populaires, la loi Carle qui oblige les communes à financer les écoles privées, la remise en cause
de la mixité sociale appuyée sur la carte scolaire, et sur un autre plan, la fermeture de centres IVG qui transforme une liberté fondamentale en un droit à peine toléré...
Venant s'ajouter à cette liste, une polémique récente doit attirer notre attention :
Lors de la session 2009 du baccalauréat, des professeurs qui faisaient passer cet examen dans des locaux mis à disposition par des lycées privés sous contrat, ont demandé que les signes religieux soient retirés dans les salles pendant l'examen. Dans certains cas cette demande a été refusée, provoquant des dysfonctionnements.
Il s'agit là encore d'une entorse au principe de laïcité et de neutralité qui doit régir l'organisation du service public de l'Education Nationale. La réponse des pouvoirs publics, d'abord inutilement répressive envers les enseignants, puis imprécise sur le plan juridique, n'est pas à la hauteur de l'enjeu.
L'UFAL 77 vous invite à venir débattre de ces questions qui, loin d'être anecdotiques, traversent tous les courants d'opinion.
17:53 Publié dans Laicite | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : problématique religieuse, education nationale, laïque, loi carle
07.05.2010
«L'assouplissement de la carte scolaire accentue la ghettoïsation»
Trois ans après l'assouplissement de la carte scolaire, quelles conséquences? Les bons élèves ont-ils fui les lycées se coltinant une mauvaise réputation? Y a-t-il une compétition entre les établissements? Regrettant «l'absence de transparence» du gouvernement sur le sujet, le syndicat des personnels de direction de l'Education nationale (SNPDEN) a mené l'enquête auprès de 2758 collèges et lycées (lire en pdf). Entretien avec Philippe Tournier, secrétaire général du syndicat.
En novembre dernier, un rapport de la Cour des comptes accusait déjà cette nouvelle carte scolaire de créer des ghettos. Vous confirmez ?
08:39 Publié dans Scolaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carte scolaire, lycées, syndicat, education nationale























