03.10.2011

Dette objective et dette subjective, des droits sociaux à la dette

Cette recherche s’est déroulée en temps de crise : la crise financière des subprimes de 2007- 2008, la crise économique qui l’a suivie, puis la crise fiscale des États grec, irlandais, portugais... La crise économique a signifié ralentissement - voire baisse dans certains secteurs - de l’investissement et hausse du chômage et, à ce titre, a touché immédiatement notre champ d’investigation : la condition des chômeurs et des précaires. Mais nous avons également pris la mesure des dimensions financières de la crise en ce qu’elles affectent, par certains aspects de manière encore plus importante, les chômeurs et les précaires. En effet, d’une part, la crise financière a lourdement pesé sur les budgets de l’État, en laissant apparaître comme nécessité, sans alternative possible, la réduction des dépenses publiques ; d’autre part, les modes de financement des déficits orientent les politiques sociales.

La dette objective comme machine sociale de capture

En 2009, le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle a pesé pour 1,3 milliard d’euros sur le total des prestations versées, mais n’a contribué que pour 223 millions aux recettes (cotisations) de l’Unedic. Le déficit s’élève donc à plus de 1 milliard d’euros. Soit un montant à peine inférieur au déficit de l’Unedic pour cette même année.

À partir de la « légitimité » de ce déficit, les médias et les analystes rejoignent les positions du Medef, pour qui une nouvelle révision de la réforme des Annexes 8 et 10 et une ultérieure restriction du périmètre de l’intermittence s’imposent à terme. Pourtant, le déficit de l’Unedic est loin de pouvoir être attribué aux seuls intermittents du spectacle, et encore moins aux seules dépenses. En effet, depuis 2002, l’Unedic enregistre des déficits annuels importants : selon les estimations, le déficit cumulé devrait atteindre 11 milliards d’euros à la fin de l’année 2011.

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