05.04.2011

la vraie liste des médicaments inutiles ou dangereux

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L’affaire du Mediator a entraîné une vague de méfiance vis-à-vis de tous les médicaments. Voulant montrer qu’ils contrôlaient la situation, les pouvoirs publics ont publié fin janvier une liste de 77 médicaments « faisant l’objet d’un suivi rapproché ou d’une enquête de pharmacovigilance ».

Livrée sans aucune explication ni hiérarchisation, cette liste a complètement manqué sa cible et inquiété les personnes prenant l’un de ces médicaments. Nous en avons extrait 31 médicaments inutiles et très souvent dangereux en nous appuyant sur les analyses de la revue indépendante Prescrire, dont nous tenons à signaler le travail ô combien précieux.

Lors du déremboursement partiel en avril 2010 d’un certain nombre de médicaments, dont la prise en charge passait de 35 % à 15 %, nous avions également distingué les spécialités inutiles de celles présentant un intérêt. Aujourd’hui, nous publions donc deux listes de produits avec le même objectif : trier  le bon grain (assez rare) de l’ivraie (beaucoup plus importante).

31 médicaments à éviter

La liste des 77 médicaments publiée par l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) est totalement disparate. Elle comprend à la fois des médicaments qu’il faudrait retirer du marché et d’autres qui présentent un intérêt mais qu’il convient de surveiller en raison de risques particuliers ou mal connus. C’est le cas de la méthadone, la buprénorphine (Subutex) ou la lévothyroxine (Levothyrox), des produits de base mais devant être bien encadrés, ou bien de l’imatinib (Glivec), utile dans certaines tumeurs digestives mais dont les risques sont mal identifiés.

De cette liste, nous avons fait ressortir 31 médicaments, réper toriés par pathologie, qui n’ont pas démontré de réelle efficacité. Parmi eux, certains (signalés ici en rouge) comportent même des risques tels qu’ils ne devraient pas être utilisés. Pour ceux-là, l’heure n’est plus à la surveillance mais au retrait. Pourtant, comme le signale la revue Prescrire, leur balance bénéfices/risques défavorable est souvent connue depuis des années.