25.08.2010
Qu'est ce que le libéralisme ?
Certains termes prêtent à confusion. Que ce soit pour le militant ou pour tout un chacun, il est courant d'entendre parler de « libéralisme » pour qualifier la doctrine économique de la droite, support politique du capitalisme aujourd'hui mondialisé.
Il est important de lever l'ambigüité de cette notion, car elle dessert l'emprise citoyenne pourtant nécessaire sur le débat politique.
Le Libéralisme, avant d'être la matrice conceptuelle de différentes théories économiques du 18 eme siècle à nos jours, est une philosophie morale et politique, dont le grand théoricien est l'anglais John Locke. Ce dernier vit au 17 ème siècle, dans l'Angleterre de la « glorious revolution », qui met aux prises les monarchistes et les tenants du parlementarisme. A la même époque, John Filmer, dans sa Patriarca, assimile le souverain au pater familias investi par Dieu, et Thomas Hobbes compare l'Etat à un Leviathan tout puissant, au service de la sécurité intérieure et extérieure du Royaume. Contre la thèse absolutiste, Locke, dans le second traité du gouvernement civil, montre au contraire que le meilleur régime politique est celui qui permet l'avènement des droits individuels dans un Etat laïque et démocratique. C'est l'idée des droits de l'homme : l'Etat libéral.
Le lien intellectuel entre philosophie politique et pensée économique est établi par Turgot, Encyclopédiste et surintendant aux finances de Louis 16. Selon lui, dans l'éloge de Gournay, « l'intérêt des particuliers est le même que l'intérêt général : le mieux est de laisser chaque homme libre de faire ce qu'il veut »; Cette thèse se veut une double réfutation de l'absolutisme ainsi que de la théorie du Despotisme éclairé chère à Voltaire et Diderot. Mais il poursuit et conseille au souverain la célèbre maxime de la déréglementation : en matière économique, « laissez les faire, laissez aller ». Ainsi donc, il déduit de la liberté individuelle la théorie du choix rationnel : les individus, mieux placés que l'Etat pour juger de leurs intérêts, ne doivent demander à ce dernier que la levée de tout obstacle commercial ainsi que la paix et la protection de la propriété privée. Etant entendu que, comme chez Mandeville dans la fable des abeilles , « les vices privés font la fortune publique », cette politique ne peut que correspondre à l'intérêt général.
Hayek et les théoriciens du néo – libéralisme, dans les années 30, n'ont donc fait qu'ossifier cette conception en dogme économique dans leur combat contre le paradigme Keynésien alors communément admis.
Or cette conception est éminemment discutable, et comme telle enjeu du débat politique. Critiquable du point de vue des Marxistes d'abord : ce ne sont pas les individus, mais les groupes qui font l'histoire économique, donc politique.
D'un point de vue Républicain ensuite, puisque le néo libéralisme part des Individus, non des citoyens, et parce que le marché y est conçu, non comme une construction sociale et politique, mais comme une réalité naturelle supposant une liberté individuelle en réalité innervée par les forces d'un Marché plus déterministe pour les libertés que fondé en elles.
Damien Pernet.
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30.01.2010
Le socialisme néomoderne , extraits (2008)
Nous avons aimé : Jacques Généreux, Le socialisme néomoderne , extraits (2008)
Extrait n°3. chap.1. (...)
Durant ces trois siècles derniers, le renversement libéral du monde s'est efforcé de construire une société harmonieuse par l'expansion des libertés individuelles et de la production. Cette méthode était fondée sur une erreur anthropologique, puisqu'en réalité ce sont l'intensification et la diversifivation des liens sociaux qui construisent la liberté d'un être singulier, et ce sont ces liens, et non les biens, qui permettent à chacun de grandir. Certes, tout comme de fausses théories astronomiques ont longtemps conduit les navires à bon port, cette erreur a durablement permis l'arrachement de l'individu à l'obscurantisme, le recul du despotisme, le progrès des connaissances et l'essor de la démocratie que nul ne saurait contester ou regretter. Mais, dès lors que cette voie patine dans l'impasse fabriquée par son succès même, face à l'échec du libéralisme, face à l'impossibilité de vivre libres et ensemble sans morale et sans liens, face à l'impos-sibilité de consommer toujours plus, le temps est venu de corriger l'erreur moderne pour sauver l'acquis de la modernité et pour conjurer la tentation d'une grande régression..
Le temps est venu de renverser la perspective moderne, d'offrir à la liberté un nouvel avenir en reprenant la quête d'une construction sociale de la liberté.
18:39 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialisme, marx, jaures, libéralisme, liberté























