20.09.2010

UFAL: Rentrée 2010 : Luc Chatel met l'éducation nationale en danger . Les preuves.

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Un rapport de l'inspection générale de l'Education nationale de juillet 2010 montre à l'envi les dangers de la politique scolaire de Luc Chatel. Il émane de hauts fonctionnaires de l'Education nationale. Le cri d'alarme est assez rare et argumenté pour que ses conclusions invitent à l'action de tous ceux qui savent que l'éducation ne peut plus être sacrifiée de la sorte.

Le rapport tire la sonnette d'alarme sur le fait que les choix budgétaires du MEN induisent des incohérences et mènent à une dégradation du service public d'éducation.

 « Les restrictions budgétaires préparent assez peu l'avenir. »

 Alors que les recteurs doivent accueillir 25000 élèves en plus ( primaire + secondaire), pas de création de postes. Ainsi, il manque 1300 postes dans le primaire et 2700 postes dans le secondaire. Pire, le budget triennal voté par le parlement prévoit 16000 suppressions de postes/an dans les trois prochaines années.

Les principaux efforts budgétaires portent sur le remplacement.

Alors qu'il avait promis, l'année dernière aux parents d'élève d'améliorer les remplacements, Luc Chatel empire la situation.

« Beaucoup d'académies font porter l'économie sur les remplaçants. Ainsi Versailles supprime 127 postes, Bordeaux 152 » P.10 .

« Ces choix budgétaires sont insincères et coûteux » P. 13

En effet, alors que la plupart des postes de TZR sont depuis quelques années transformés en postes fixes, la réforme du recrutement des enseignants induit un besoin accru de remplaçants pour compenser les absences de stagiaires en formation.

« Quelque chose n'est pas cohérent dans ce schéma d'emplois » p.13

→ Ceci se traduit par une hausse de 31 % du recours aux vacataires et aux contractuels, personnels non formés et payés sur le budget de l'Etat. Le recours à ces derniers est un « «artifice » comptable dans la mesure où ils coutent aussi cher à la collectivités, mais permettent de dire que le gouvernement ne remplace pas un fonctionnaire sur deux, donc fait des économies. Le sophisme budgétaire est en ce sens «  insincère et coûteux »

L'impact est catastrophique sur la formation des personnels.

«  Le cri d'alarme est général dans toutes les académies. » p.12

En effet, «  les budgets de fonctionnements sont en grande difficulté ( - 15 à – 18 %), impactant par là même les dépense de fonctionnement et affectant insidieusement la qualité du service éducatif. » p. 12

Ainsi , «  les autorités académiques s'apprêtent à annuler de nombreux stages de formation continue faute de ne pouvoir payer les formateurs et les déplacements, notamment en direction des nouveaux enseignants - stagiaires ».

Enfin, «  les crédits pédagogiques aux écoles et aux EPLE seront vraisemblablement fortement diminués. » P.12

Le rapport, sur tous ces sujets, pointe les «  injonctions contradictoires du MEN : remplacer les absences sans pouvoir le faire, former en sabrant les moyens de parvenir à cet objectif, encadrer sans création de postes – bien au contraire – au mépris de la démographie, assurer un service public de qualité en recourant en masse à des personnels non formés et précaires.

L'UFAL :

  • Dénonce avec vigueur la politique du ministère de l'éducation nationale.

  • Appelle le Ministre de l'Education nationale à revenir à la raison et les parlementaires Républicains à s'opposer à ce déni de l'intérêt général.

  • Encourage les familles à ne pas accepter que soit mis en péril l'avenir de leurs enfants par la politique irresponsable du gouvernement.

                                                                     Damien Pernet.

12.04.2010

Communiqué de presse. La réforme des séries STI et STL repoussée au Conseil Supérieur de l'Education

ufal.jpgHier, jeudi 1er avril, le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, est venu en personne devant le CSE défendre sa réforme des séries STI et STL de la voie technologique présentée par lui-même comme le parachèvement de la réforme des lycées commencée par celle des voies professionnelle et générale.


Le ministre a annoncé que la mise en œuvre de la réforme sur la mobilité des fonctionnaires allait entraîner un « plan de formation d'envergure et ambitieux » destiné aux enseignants. 10 000 professeurs sur les 18 000 de la voie technologique devront s'adapter ou se reconvertir. A cette fin de 7 à 8 millions d'euros seraient débloqués.

Il s'agit donc d'un véritable plan social. Il produirait s'il allait à son terme les mêmes effets dans l'Education nationale que ses homologues dans les entreprises du privé. On doit rappeler à ce propos que la loi sur la mobilité dans la Fonction publique permet maintenant le licenciement des fonctionnaires.


La réforme de M. Chatel a été largement rejetée. Le résultat est sans appel : 12 pour contre 41 contre, 1 abstention et 4 refus de vote, le ministre ne recueillant que les voix des organisations patronales (MEDEF, CGPME...) et du syndicat UNSA des chefs d'établissement. FO, la CGT, la FSU, le SNALC, SUD, l'UNSA votant contre, le SGEN-CFDT refusant de voter.

Damien Pernet, Ufal 77.

    CSE: Conseil Supérieur de l'Enseignement.
STI : Sciences et Techniques de l'Ingénieur. idem STL.
SNALC = syndicat enseignants de droite.

15.03.2010

La réforme des lycées contre les sciences sociales

par Laurence De Cock, Philippe Olivera, Marjorie Galy, Sylvain David
[Ce texte est à paraître dans les Cahiers d'histoire d'avril 2010]

La réforme présentée par Luc Châtel est de bien mauvais augure pour l'enseignement de l'histoire-géographie au lycée et celui des sciences humaines et sociales (SHS) en général. Contrairement à la grande envolée médiatique qui a suivi l'effet d'annonce ministériel, le problème est loin de pouvoir se limiter à la suppression du caractère obligatoire de l'histoire-géographie en Terminale scientifique. Concentrer l'attention sur ce dernier point révèle un point de vue pour le moins réducteur et élitiste. Car l'enjeu de la réforme en cours est beaucoup plus lourd de sens pour l'avenir de nos disciplines. Nous proposons ici une lecture aussi large que possible des multiples enjeux que soulèvent les différents axes de l'opération rondement menée par le ministère Châtel contre les SHS au lycée.

La décision de rendre optionnelle l'histoire-géographie en TS est présentée comme une volonté de valoriser les autres filières, de mieux préparer les lycéens aux carrières scientifiques et, plus globalement, d'articuler davantage le secondaire au supérieur. Ici, le ministère se livre à une communication mensongère. À première vue, qui pourrait sérieusement s'opposer à un objectif aussi urgent que louable ? Mais cette justification semble ignorer totalement que nombre de bacheliers scientifiques s'orientent ensuite vers des études où l'histoire et la géographie occupent une place non négligeable, les classes préparatoires littéraires ou commerciales, les IEP, et évidemment les Universités.

Il est vrai que la question de l'articulation entre le lycée et l'Université est posée par la réforme qui insiste sur la nécessité de consacrer l'année de terminale aux « outils et méthodes » afin de préparer l'entrée à l'université. Objectif là encore plutôt louable à première vue. Mais le cloisonnement entre le Supérieur et le Secondaire est tel qu'il n'est pas étonnant qu'il n'existe, à ce jour, aucune concertation sur une éventuelle continuité pédagogique. L'effet d'annonce ministériel ne vise donc qu'à vanter les compétences « méta-universitaires » des professeurs de terminale, mais l'objectif de renforcement des relations entre lycée et Université n'est à ce jour qu'une pure déclaration de principe. Notons que les taux d'échec ne sont pas si élevés à l'université si on ne retient que les bacheliers généraux mais qu'ils explosent lorsqu'on intègre les bac professionnels et technologiques. C'est donc donc un piètre prétexte de réformer les séries générales pour répondre à l'échec dans certaines licences.

 

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