19.02.2011
L'extraction des huiles et gaz de schiste, illustration de la démesure thermo-industrielle
Post précédent : Gaz, huile de schiste : Actions et pétitions après la réunion de Meaux (07/02/2011).
En plein vote du Grenelle 2, la décision par Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’écologie et de l’énergie, d’autoriser la prospection en vue de l’exploitation de gaz et d’huile de schiste sur le territoire français illustre l’addiction de l’économie aux énergies fossiles.
Extrait de l'article complet du 16/02/2011 :
La Seine-et-Marne, cas d'école de la société thermo-industrielle
En Seine-et-Marne, où plusieurs collectifs se mobilisent, on s'inquiète de ce nouvel "eldorado" pétrolier. Dans ce département où les nappes phréatiques sont déjà chroniquement basses, la préfecture a placé une partie du département en sécheresse renforcée depuis deux ans. Chaque fracturation hydraulique va nécessiter d'injecter entre 10 000 et 30 000 mètres cubes d'eau extraite par forage, alors que le sous-sol ressemble déjà à un gruyère. Dans les zones de Meaux, Melun et de Château-Thierry, les habitants s'interrogent sur les impacts écologiques des prospections et l'opacité de la chaîne de décision. Quatre sociétés ont déposé des demandes de permis d'exploration, celui de Château-Thierry (firmes Toreador Energy France et Hess Oil France) ayant été mis à exécution avant la suspension annoncée par Nathalie Kosciusko-Morizet. Entre Disneyland, l'usine d'oxyde d'éthylène classée Seveso au cœur de l'agglomération de Meaux et un site pressenti pour le captage et stockage du CO2 à Claye-Souilly, la zone est déjà fortement sollicitée par l'urbanisation et l'industrie.
La Seine et Marne est un cas d'école de la société thermo-industrielle arrivée au bout du cycle du pétrole à bon marché. Ce cycle aura duré 200 ans, époque que les géologues et historiens des techniques, à la suite du chimiste Paul Crutzen, nomment l'anthropocène. L'atmosphère contient désormais près de 800 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, soit deux fois plus de carbone qu'elle n'en contenait au cours de la dernière grande glaciation, et un tiers de plus que lors des précédentes ères interglaciaires. Cet excédent de CO2 ne provient pas des cycles naturels. Il résulte du fait que, en moins de deux siècles, les sociétés industrielles ont brûlé des stocks gigantesques de charbon et de pétrole, ces fossiles qui ont mis plusieurs centaines de milliers d'années à se constituer.
12:24 Publié dans Ecologie, Vie pratique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gaz de schiste, forage, grenelle, borloo, seine et marne, nappe phréatique
























