12.07.2010

Genèse du feu d'artifice

Oh la belle bleue, ah la belle rouge...

En ce mois de commémoration républicaine et révolutionnaire, que savons-nous sur ce symbole de la fête nationale. Non ! pas le bal des pompiers ou le défilé militaire, mais l’incontournable moment qui illumine la nuit de ce jour férié : le feu d’artifice.

Pour les occidentaux, il faut attendre le XIIIe siècle, au retour de Marco Polo, de son long voyage en Chine pour découvrir la poudre noire. Alors que l’Empire du Milieu l’utilise depuis le Ve siècle. Dans un premier temps, son usage est guerrier. À l’origine des premières armes à feu, elle fait son apparition en 1346 sur le champ de bataille de Crécy, utilisée d’abord pour les bombardes.

C’est seulement au XVIème siècle que l’usage de la poudre est détourné au profit d’artifices scéniques lors de fêtes. Les premiers feux d’artifices apparaissent, qualifiés ainsi pour les différencier de feu provoqué naturellement. C’est l’imitation de véritables flammes que l’on recherche pour animer des dragons ou lors de mises en scènes de spectacles. Ciel d’étoiles et pluies d’or seront ensuite créés en ajoutant à la poudre de la poussière d’or et d’argent, très prisée en Occident.

La seconde moitié du XVIIIème siècle voit se développer des feux d’artifice tirés en extérieur. Appelés impromptus, ces feux de jardin ne sont plus artifices de spectacles mais événement à eux seuls. La noblesse agrémentera aussi les tables de petites fusées peu bruyantes, produisant des feux de tables lumineux et parfumés.

Certains historiens datent à 1612, le premier grand spectacle pyrotechnique qui aurait été donné lors des fêtes de mariage de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, sur la Place Royale à Paris (maintenant Place des Vosges). Il clôtura un cortège de chars allégoriques et de cavaliers. D’autres estiment que le premier feu d’artifices fut tiré dans la plaine de Fontainebleau, en 1606 aux frais du duc de Sully. C’est en tout cas dès cette période qu’il symbolisera la victoire et célébrera les événements historiques. Il vantera aussi la prospérité de ses commanditaires. "Que pensez-vous de ma fête ?" demanda Louis XV à son grand argentier. "Impayable, Sire", répliqua t’il.

Mais les déboires de la monarchie française marqueront la fin de ces pratiques dispendieuses. Représentant les divertissements des privilégiés, la jeune république abolit les feux d’artifices, même si la Convention de 1792 devra régler les dettes du gigantesque feu d’artifice tiré lors du mariage de Louis XVI. Pourtant, c’est bien un mariage, Napoléonien cette fois, qui relance la tradition. Les artifices des Ruggieri honoreront en 1810 le second mariage de Napoléon 1er. Suivra le 15 Août 1852.

Enfin, la célébration de la Fête nationale déclaré le 14 juillet par la IIIème République renouera avec la tradition du feu d’artifices. Les progrès chimiques du XXe siècle lui donneront des couleurs. Devenu populaire, on l’admire dans la plupart des communes de France, le temps d’un soir...

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