17.04.2012

la crise : les inégalités en Europe entre 2007 et 2010, elles se creusent en France

pauvre et riche.jpgSource: Alternatives Economiques.

En moyenne, la crise n'a pas eu d'effet global sur les inégalités en Europe entre 2007 et 2010. Mais, si certains pays ont vu leurs inégalités diminuer, d'autres ont contraire les ont vues se creuser, en particulier la France.

Quel a été l'impact de la crise sur les inégalités de revenus ? Eurostat mène chaque année une grande enquête sur les revenus et les conditions de vie (EU-SILC) qui fournit des indications à ce sujet. Les résultats 2011 ne sont pas encore connus, mais on observe sur la période 2007-2010 des différences sensibles entre pays européens.

L'EU-SILC fournit en particulier des indications sur le ratio S80/S20, c'est-à-dire le rapport entre le revenu moyen des 20 % les plus riches et celui des 20 % les plus pauvres au sein de chaque pays. Entre 2007 et 2010, les inégalités se sont légèrement creusées à ce niveau (de 0,1 point), tant dans l'Union que dans la zone euro. Mais c'est le résultat de comportements très divergents.

Selon les données d'Eurostat, les inégalités se sont fortement réduites en Roumanie (- 1,8) et en Bulgarie (- 1,1) et, dans une moindre mesure, au Portugal (- 0,9), en Irlande (- 0,6), en Allemagne (- 0,4) ou encore en Grèce (- 0,4). En revanche, elles se sont encore creusées ailleurs, avec un record en Espagne (+ 1,6). La France figure aussi parmi les pays où les inégalités ont le plus augmenté en Europe (+ 0,6). Ce qui n'est pas surprenant au vu de la politique fiscale menée durant cette période.

Ratio entre le revenu moyen des 20 % les plus riches et celui des 20 % les plus pauvres

11.03.2011

Les chiffres qui marquent

  • 2,87 milliards d'euros. C'est l'ensemble des revenus des 100 foyers les plus riches, indique une note confidentielle de Bercy destinée à la réforme fiscale de l'impôt sur la fortune (ISF). Le revenu fiscal de référence moyen de ces gros contribuables est établi à 28,7 millions d'euros, après rabotage des niches fiscales. Et 91% de ce revenu provient des plus-values immobilières (actions, obligations).
  • 18,5 milliards d'euros. C'est ce que devrait rapporter l'impôt sur les bénéfices des 26 entreprises du CAC 40 qui ont publié leurs résultats. Mais elles ne verseront que 7,3 milliards, alors qu'elles ont engrangé 56 milliards d'euros de profits. Leur taux d'imposition est en moyenne de 13% (au lieu de 33%) selon le rapport 2009 du conseil des prélévements obligatoires.
  • 2,5 millions d'euros au lieu de 8,9 millions d'euros. Ce serait le montant de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) d'un redevable disposant d'un patrimoine net imposable de 500 millions d'euros, si le gouvernement des "riches" applique sa réforme de la fiscalité. Le nouvel impôt rapporterait 2,5 milliards au lieu de 4 milliards aujourd'hui à l'Etat. Un gros manque à gagner ...