22.10.2010
Citation des plus pertinentes acuellement: Georges Canguilhem, discours de distribution des prix au lycée Chanzy de Charleville, 12 juillet 1930.
"La définition du juste ne me semble pas mystérieuse : il est ce qui coûte à la
suffisance d’un homme, d’une classe, ou d’un peuple, parce qu’il la contredit.
Il coûte à la suffisance que nul ne puisse être à la fois juge et partie, que nul
ne soit juge en sa propre cause, que le travailleur mécontent, que l’ennemi
vaincu, que le voisin turbulent aient exactement le même droit que nous, ni
plus petit, ni plus grand, à faire examiner leur revendication, à demander un
jugement qui ne soit pas le nôtre ou qui soit celui de notre raison seule, si nous
sommes nous-mêmes intéressés à ce jugement.
Tel est le commencement et la fin de la justice. Et si le riche prétend, une fois
pour toutes, mettre un terme à la revendication du pauvre, si le fort prétend
mettre, une fois pour toutes, un terme à la protestation du vaincu, si toutes les
cartes ne sont pas étalées au grand jour sur la table où se signent les contrats,
nous savons tous, et même le riche et le fort, et même le tricheur le savent, que
c’est là injustice et tyrannie et qu’il n’y a point au monde d’autre injustice ou
d’autre tyrannie que celle-là."
17:18 Publié dans Culture, Démocratie, Les libertés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : citation, canguilhem, suffisance, revendication























