01.11.2010

Augmentation du tarif de l’électricité : l’alibi des énergies renouvelables

dimanche 31 octobre 2010
Le gouvernement a décidé la hausse des prix de l’électricité de 3 %, qui interviendra en 2011, et qui portera la hausse des tarifs à plus de 6% sur six mois, soit l’une des plus fortes depuis 30 ans. Accusés : les tarifs d’achat du photovoltaïque qui seraient à eux seuls responsables de cette augmentation réclamée par EDF. Une injustice pour les professionnels de la filière photovoltaïque, un alibi pour Europe Ecologie et les Verts....

Le ministre du Budget, François Baroin, a confirmé mercredi dernier l’augmentation de 3% des tarifs de l’électricité attendue début 2011, qui doit "alléger le fardeau financier pour EDF du rachat de l’énergie solaire". EDF a l’obligation d’acheter l’électricité solaire à un tarif supérieur à celui du marché en application du Grenelle. C’est ce soutien aux énergies vertes en application du Grenelle qui fragiliserait les comptes d’EDF. Le gouvernement a donc accepté un amendement permettant de relever la contribution au service public de l’électricité (CSPE). Cette taxe, payée par chaque consommateur, finance notamment le développement de l’électricité photovoltaïque et représente 5 % du montant total de la facture en énergie des particuliers. "L’environnement n’a pas de prix, mais il a un coût. Il faut l’assumer quand on apporte son soutien à une politique", a justifié François Baroin.

"Il faut cesser les affabulations et les approximations sur le photovoltaïque !" s’indignent les professionnels

Les réactions des professionnels du solaire ne se sont pas fait attendre. Ainsi, le Comité de Liaison Énergies Renouvelables (CLER) [1] et l’association HESPUL reviennent dans un communiqué de presse sur la question du financement de l’électricité renouvelable afin de souligner les enjeux du développement de ces filières et éclairer les zones d’ombre :

"Compte tenu du mode de calcul actuel de remboursement des surcoûts, cela signifierait que près de 4 000 MW de systèmes seraient en service dans notre pays alors qu’il y en aura tout au plus 800 MW fin 2010, 5 fois moins ! Ces 4 000 MW correspondent à la "file d’attente" des projets pour lesquels une demande de raccordement a été déposée auprès d’ERDF, la filiale d’EDF qui gère les réseaux de distribution pour le compte des collectivités. Seule une faible part de ces projets sera réalisée, soit parce qu’il s’agit de demandes à visée purement spéculative, soit parce que les projets seront abandonnés. Faire comme s’ils étaient tous déjà en fonctionnement relève d’une manipulation", accusent le CLER et HESPUL.

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