24.09.2011

Produits de schiste : La fracturation hydraulique est interdite en France mais les pétroliers utilisent le flou de la loi pour tenter de la contourner.

 

schiste,fracturation hydrolique,total,fissuration hydrique

L’industrie ne lâche pas

jeudi 22 septembre 2011, par Patrick Piro

Total, Schuepbach Energy, Toreador (repris depuis par Zaza Energy), Vermilion REP, etc. : les pétroliers qui envisagent l’exploration d’hydro­carbures de schiste avaient jusqu’au 14 septembre pour déclarer les techniques « employées ou envisagées ». C’est une exigence de la loi du 13 juillet dernier, qui interdit le recours à la technique de fracturation hydraulique des roches, très polluante mais la seule maîtrisée à ce jour. Ce qui instaure – en apparence – un moratoire de fait sur ce type de prospection.

On saura bientôt s’il ne s’agit que de poudre aux yeux. Car le texte s’est ménagé une faille probablement intentionnelle : il ne définit pas légalement ce qu’est la fracturation hydraulique.

Malgré la fronde de nombreux élus de terrain qui ont soutenu le mouvement antigaz de schiste, les législateurs se sont retrouvés piégés dans la rédaction de leur texte par une procédure d’octroi des permis d’exploitation du sous-sol qui apparaît aujourd’hui comme exorbitante : les pétroliers se voient attribuer des concessions de recherche exclusives sur d’immenses parcelles, et sans obligation de détailler leurs intentions. Et ils ont bien l’intention de faire valoir leur « droit », comme l’a démontré l’entreprise Schuepbach Energy, détentrice du permis dit « de Villeneuve-de-Berg », en attaquant tous les arrêtés locaux interdisant l’exploration sur leur territoire.

Il s’agissait aussi pour les parlementaires de la majorité, poussés par le gouvernement, de ne pas se priver d’une future manne si les volumes d’hydrocarbures évalués se trouvaient confirmés. D’ailleurs, une commission, prévue par la loi, étudie dans quelles conditions la recherche serait acceptable pour l’environnement.

Le 13 septembre dernier, date limite de remise, la Direction générale de l’énergie et du climat (ministère de l’Industrie) avait reçu 48 rapports, alors qu’elle en attendait 63, selon le Journal de l’environnement. Des désistements qui valent a priori, par la loi de juillet, abrogation du permis d’exploration.

Le groupe Total, qui a rendu sa copie, a indiqué qu’il entendait rester sur les rangs pour son permis d’exploration dit « de Montélimar », exprimant « la volonté du groupe de préserver les droits à l’exploration d’un domaine minier […]. Le programme de travail décrit dans le rapport ne prévoit pas de recours à la technique de la fracturation hydraulique », précise bien le communiqué, daté du 12 septembre.

On n’en saura pas plus avant le 13 octobre, date à laquelle la liste des permis recalés doit être publiée. L’association France nature environnement redoute les entourloupes que le flou de la loi rend possibles : par exemple, renommer « fissuration hydrique » la fracturation honnie, moyennant quelques aménagements pour garantir que la technique serait moins polluante que sa cousine. Le groupe socialiste du Sénat, qui a voté contre la loi, jugée trop timorée, déplore également que Total ait « donné le signal ». Ainsi, la loi n’aura eu pour effet que de retarder de deux mois les explorations.

La société Toreador a déposé un dossier en préfecture demandant une autorisation de forage sur le site de Doue (77) afin de procéder à des analyses des masses d’eau des nappes phréatiques environnantes. Le préfet a donné son autorisation à ces travaux de forage (au nombre de 6 à Doue). Les élus et les citoyens restent en vigilance maximale !

21.09.2011

Comment les multinationales pétrolières et minières se moquent du fisc et des États

BASTA.JPGPar Agnès Rousseaux (20 septembre 2011)

Ne payer que 6% d'impôts quand on gagne 4 milliards de dollars par an, c'est possible ! Les multinationales Glencore, Chevron ou BP s'y attèlent. Et débordent d'imagination pour multiplier les filiales dans les paradis fiscaux ou « les juridictions secrètes ». Quant au groupe pétrolier français Total, il est le champion toute catégorie de l'opacité. C'est ce que révèle un rapport de la coalition « Publiez ce que vous payez ».

Lire la suite......

27.05.2011

AG de Total : pour M. de Margerie, « on ne peut pas utiliser que le soleil et les oiseaux.»

GREEN.JPGTOTAL réunit aujourd’hui à Paris son Assemblée Générale des actionnaires. Au cours de ce grand raout, Christophe de Margerie a pris la parole évoquant les performances du groupe et réaffirmant la volonté de Total de poursuivre ses projets de destruction durable.

Hydrocarbures de schiste : pour de Margerie, pas de problème, la loi est contournable !

Christophe de Margerie a confirmé que nous n’en n’avions pas fini avec les pétroles et gaz de schiste.
Il a ainsi confirmé que la loi adoptée par les parlementaires n’avait aucune conséquence sur l’activité des pétroliers, déclarant fièrement devant l’assemblée réunie, que Total et ses partenaires travaillaient à contourner la loi : « ce qui a été voté n’exclut pas la compagnie de leur droit minier. [...] Le texte est habile. On va s’en sortir et trouver une solution dans les années a venir. [...] Il faut rester low profile en cette période.[...] On reviendra sur scène et expliquer qu’on ne peut pas utiliser que le soleil et les oiseaux. Nous faisons des recherches avec Cheasapake pour améliorer le processus de fracking « .

La firme a d’ailleurs annoncé en grandes pompes la signature d’un accord de partenariat dans les gaz de schiste avec le géant américain ExxonMobil , pour un projet situé en Pologne.

Sables bitumineux : M. de Margerie perd son sang froid

A l’interpellation d’Eriel Deranger, membre de l’Athabasca Chipewyan first nation, sur les dramatiques conséquences de l’extraction des sables bitumineux sur son peuple et sur son environnement, M. de Margerie a répondu avec agressivité : « Faites changer les lois de votre pays et ne venez pas nous faire un cours ! »

Cette question faisait suite à une question écrite déposée demandant à Total d’expliquer son manque de transparence sur le dépôt de résolution de Greenpeace.
Pour mémoire, cette résolution visait à demander à Total d’inscrire chaque année dans son rapport annuel les risques environnementaux et sociaux lies a ses investissements dans les sables bitumineux en Alberta, Canada.
Alors que le nombre d’actionnaires suffisant avaient déposé la résolution, bizarrement deux actionnaires se sont désistés. cette affaire a fait grand bruit parmi les actionnaires institutionnels de Total qui, depuis, sont nombreux à s’interroger sur les investissements de Total dans les sables bitumineux.
Un cas unique en son genre. Que s’est-il passé qui pourrait expliquer ce retrait ?

Greenpeace note enfin, que M. de Margerie, lorsqu’il est « face aux français » sur France 2 à une heure de grande écoute, a un discours bien plus lisse, plus « propre » que lorsqu’il est face à « son » public d’actionnaires. Illustration parfaite du double discours des industriels.

Tous les documents pour comprendre : vivement-la-desintox.com

04.11.2010

Les chiffres qui marquent ...

  • 821. C'est le nombre de contribuables assujettis à l'impôt sur la fortune (ISF) qui se sont expatriés en 2008 alors que 327 sont revenus en France, révèle un récent rapport du Syndicat national unifié des impôts (Snui). Selon ce rapport qui veut "en finir avec les idées fausses sur l'ISF", cible du gouvernement, le nombre de départs des redevables est resté stable depuis 2001.
  • 87 KWh par habitant, c'est la consommation en éclairage nocturne de la France, deux fois plus qu'en Allemagne.
  • 2.47 milliards d'euros. C'est le montant des bénéfices du groupe Total au troisème trimestre, en hausse de 35% sur un an. Et Total a estimé que la grève contre la réforme des retraites lui avait coûté plus de 100 millions d'euros. Loin du "désastre" annoncé par Jean-François Copé, chef de file du parti présidentiel.